Présidentielle 2022 : face à Xavier Bertrand, la macronie entre méfiance et sarcasmes – Le Parisien

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« Opportuniste », « mauvais joueur », « obsédé par sa haine envers Macron »… Interroger les soutiens du président de la République sur Xavier Bertrand, c’est la certitude de voir un tombereau de critiques s’abattre sur celui qui rêve d’affronter Emmanuel Macron en 2022. En privé, le chef de l’Etat est même plus sévère encore : « Ce type n’est pas fiable ». La preuve, l’air de rien, que le patron des Hauts-de-France est pris comme un adversaire crédible.

« A droite, il est clairement celui qui en a le plus envie. L’envie, c’est fondamental dans un combat présidentiel. Alors oui, on le surveille », reconnaît un proche de Macron, qui fait de Bertrand « un des concurrents les plus sérieux, avec Marine Le Pen ». Même si, au fond, son positionnement en laisse plus d’un perplexe : « Chacune de ses prises de parole est teintée de l’obsession présidentielle. C’est limpide, reproche le patron de LREM Stanislas Guerini. Face à cela, on doit opposer l’obsession de l’action et de l’intérêt du pays. Penser à demain, et pas à 2022 ».

Du côté de l’Elysée, on raille le comportement de ce possible rival lorsqu’il en appelle au soutien du président pour voler au secours d’entreprises menacées par des suppressions massives d’emplois dans les Hauts-de-France, comme cette semaine dans le dossier Bridgestone : « Il est perdu comme un président de région que l’Etat aide pour son territoire dès que besoin », ironise un conseiller du Palais.

«Ni la sagesse d’un Juppé, ni la fraîcheur d’un Macron»

« Xavier Bertrand est un objet complexe : il intrigue autant qu’il agace… et autant qu’il déçoit, décrypte un poids lourd de l’exécutif. Il intrigue, car voilà un homme politique qui s’est affranchi du système partisan habituel. Son discours d’une très grande clarté face au RN laisse même penser que cet homme est prêt au dépassement. Il pourrait donc plaire aux Marcheurs. ». « Mais, en fait, il agace, car on voit bien que c’est juste une tactique politique, plutôt qu’une vraie conviction chevillée au corps, ajoute-t-il. Puis il déçoit aussi car, finalement, c’est un talent qui n’en finit pas d’être seul. Sa Manufacture, par exemple, n’a jamais réussi à décoller… »

Mais autour du chef de l’Etat, on se méfie quand même de cet adversaire qui pourrait profiter de l’absence de leadership chez les Républicains pour être le candidat naturel de la droite. Déjà, on aiguise les arguments. « Xavier Bertrand a quand même été ministre de Jacques Chirac… ça fait drôle ! », piaffe un ministre, relayé par un collègue : « Ça fait vingt ans qu’il est là. Pour lui, c’est un problème. Il n’a ni la sagesse d’un Juppé ou d’un Fillon à la primaire, ni la fraîcheur d’un Macron. En fait, il n’a pas réussi à rafraîchir son image. »

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