Présidentielle 2022 : entre affiches et tribune, la future campagne d’Emmanuel Macron se dessine – Le Monde

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L’affiche qui sera placardée dans quatre-vingt-dix départements par les « Jeunes avec Macron » (JAM).

Pour l’écrivain Philippe Besson, Emmanuel Macron est « un personnage de roman », du titre du livre publié chez Julliard en 2017, qui décrit la stupéfiante arrivée à l’Elysée de l’ancien banquier énarque, encore trentenaire, épris de littérature et de théâtre. Les contempteurs du président de la République l’ont, eux aussi, souvent dépeint en Eugène de Rastignac ou en Julien Sorel, héros provinciaux dévorés par l’ambition. « Has been », sans doute. A l’ère de Tik-tok et d’Instagram, les jeunes militants de la Macronie imaginent plutôt le chef de l’Etat en acteur principal d’une série télévisée haletante, dont ils attendent la suite.

Emmanuel Macron, candidat à sa réélection ? A moins de huit mois de la présidentielle, programmée les 10 et 24 avril 2022, les « Jeunes avec Macron » (JAM) sont passés à l’offensive en dévoilant, mercredi 1er septembre, au quotidien Le Parisien l’affiche qui sera placardée à compter du 10 septembre dans quatre-vingt-dix départements. Son titre : « Macron, président des jeunes » est suivi d’un appel : « Vivement qu’on signe cinq saisons de plus ». Plus bas, la mention « avril 2022. Macron » ne laisse pas de place au doute.

Avant que la candidature – ou non-candidature – du chef de l’Etat ne soit dévoilée, le mouvement mène campagne pour appeler à la réélection du président. Les couleurs, noire et rouge, ne sont pas sans rappeler les codes empruntés par la plate-forme Netflix. Emmanuel Macron, seul en scène, étant le héros attendu de cette série d’un nouveau genre.

« Toujours en campagne »

L’enjeu de cette précampagne est, selon Ambroise Méjean, président des JAM, de faire valoir le bilan d’Emmanuel Macron auprès des jeunes, au risque d’alimenter l’idée que la politique aurait définitivement basculé dans le domaine du spectacle.

Aux affiches s’ajouteront une série de vidéos, en format « bande-annonce », pour faire valoir la mise en place des repas à un euro pour les étudiants en situation de précarité, le « passe culture », le plan « un jeune une solution », ou les mesures attendues comme le revenu d’engagement pour la jeunesse. Une stratégie d’image critiquée par les adversaires du Rassemblement national (RN). « Sur la forme, c’est assez ringard », estime Philippe Vardon, conseiller régional (RN) en Provence-Alpes-Côte-d’Azur et habitué des campagnes du parti d’extrême droite, jugeant le ton de l’affiche « lugubre ».

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