Présidentielle 2022 : Arnaud Montebourg annonce sa candidature – Le Monde

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L’ancien ministre Arnaud Montebourg, lors de sa déclaration de candidature à l’élection présidentielle, le 4 septembre 2021.

L’ancien ministre du redressement productif Arnaud Montebourg a officiellement annoncé sa candidature à l’élection présidentielle, samedi 4 septembre, dans sa ville natale de Clamecy (Nièvre), proposant aux Français une « remontada » – soit le mot espagnol pour désigner une « remontée ». Le candidat a décliné cette remontée « en cinq ans, de 2022 à 2027 », sur plusieurs axes : reconstruction industrielle, remontée des salaires, VIRépublique, « France sans pétrole » en vingt ans, « sévérité républicaine » ou encore « retour à la terre ».

« C’est pour cette tâche difficile mais magnifique, audacieuse mais nécessaire et pour cette tâche seulement que j’ai décidé de présenter aujourd’hui aux Français ma candidature à la présidence de la République », a clamé l’entrepreneur de 58 ans devant plusieurs centaines de partisans, réunis dans la mairie de Clamecy.

L’ex-socialiste, devenu ces dernières années entrepreneur producteur de miel et de glaces, a mis du temps à caler sa stratégie, comme en témoignent les « ballons d’essai », de l’aveu même de son entourage, de ses interventions médiatiques ces derniers mois. Une contamination au Covid-19, qui l’a « mis à plat pendant quatre mois » en début d’année, a achevé de perturber le timing de sa déclaration.

Dans une ambiance chauffée par plusieurs centaines de partisans, Arnaud Montebourg a confié « éprouver de la légitimité à porter au pouvoir » les « idées, combats et projets [qu’il dit avoir] portés dans le passé » et aujourd’hui devenus selon lui « le centre de gravité des convictions des Français ». Se disant « homme de gauche », il a néanmoins affirmé vouloir s’affranchir du clivage gauche-droite : « Les partis de droite ne savent pas vous protéger contre les injustices, les partis de gauche ne savent pas vous protéger contre l’insécurité. »

Sa « remontada » serait industrielle, avec des alliances public-privé et une réglementation protectionniste, écologique avec une « France sans pétrole d’ici vingt ans », démocratique avec la VIe République par référendum, « territoriale » afin de répondre à la « chute des services publics » dans les campagnes, sécuritaire avec une « sévérité républicaine » contre la « submersion de territoires par la délinquance »

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A la manière de Jean-Luc Mélenchon en 2017, Arnaud Montebourg devrait faire campagne en évitant de se placer sur l’axe gauche-droite. Les « insoumis » ont eu le temps de voir venir leur rival ces derniers mois : « Ce ne sera jamais que la troisième fois qu’il se déclarera. Il y a le Montebourg de janvier, celui d’avril, celui de septembre… », s’exclame, hilare, Alexis Corbière, proche de Jean-Luc Mélenchon, qui a un regret : « Il aurait dû être à nos côtés. Il voit que Mélenchon est un peu plus bas et il pense qu’il peut nous faire les poches. Il teste… J’espère que ça ne va pas finir en soutien au PS. »

Miser sur une « victoire culturelle »

Comme le député de Seine-Saint-Denis, les états-majors de gauche ne se privent pas de moquer la candidature de l’ancien socialiste, qu’ils disent sans parti ni finances pour le soutenir. De quoi le condamner selon eux à n’être qu’un « champignon du mois de septembre », aussi vite disparu que déclaré.

La question du financement de la campagne est en passe d’être réglée, assure l’entourage d’Arnaud Montebourg. Quant aux soutiens, il n’y aura pas de « course à l’échalote » pour des « élus qui n’ont d’impact qu’auprès des politiques et des médias », souligne l’entourage de M. Montebourg. L’ancien ministre, qui veut se tenir à l’écart de l’appareil du PS, ne participera d’ailleurs à aucune primaire, lui qui en a perdu deux, en 2012 et 2017.

Pour atteindre le second tour, l’ex-ministre espère surtout capitaliser sur ce qu’il estime être une « victoire culturelle », en développant des thèmes défrichés il y a plusieurs années et désormais centraux dans le débat public, comme la remise en cause de la mondialisation, le protectionnisme européen et la VIRépublique.

Arnaud Montebourg, qui revendique de pouvoir parler avec la droite et avait entamé un dialogue, resté sans suite, avec Xavier Bertrand, a cependant du chemin à faire. Il ne vise rien d’autre qu’être « au deuxième tour » de la présidentielle. Mais pour l’instant, il ne dépasse pas les 5 % dans les quelques sondages qui l’ont testé, dans un contexte de concurrence extrême à gauche, entre LFI, les Verts, Anne Hidalgo et le candidat communiste Fabien Roussel qui entend lui aussi braconner sur les terres de Jean-Luc Mélenchon et appelle d’ores et déjà Arnaud Montebourg à le rejoindre.

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Le Monde avec AFP

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