Pourquoi le transhumanisme effraie-t-il autant qu’il fascine ?

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Pourquoi le transhumanisme effraie-t-il autant qu'il fascine ?

Si le transhumanisme passionne, il laisse également craindre pour la vie privée. Cette technique – qui concerne l’utilisation de nouvelles technologies sur le corps humain dans le but d’améliorer ses performances cognitives ou physiques – a beau être plébiscitée par une étude internationale, de nombreuses personnes interrogées la trouvent dangereuse.

Elle existe pourtant déjà : les appareils auditifs, les stimulateurs cardiaques et les prothèses sont déjà utilisés. Mais à l’avenir, nous pourrions utiliser ce terme pour désigner les implants qui améliorent les capacités cognitives, les puces qui nous relient à nos appareils intelligents, ou les yeux bioniques qui peuvent restaurer la vue perdue, et bien d’autres choses encore. De nombreux pays font avancer le développement de nouvelles technologies qui pourraient améliorer le corps humain.

Le Japon a ainsi récemment mis un milliard de dollars sur la table pour les chercheurs désireux de tout mettre en œuvre, de l’augmentation de la taille de l’homme à sa longévité, en raison de la nécessité de faire face au vieillissement de la population active et à la diminution de la population. Lors d’une table ronde organisée dans le cadre de Kaspersky NEXT 2020, David Jacoby, chercheur principal en sécurité, et Marco Preuss, directeur de la recherche et de l’analyse mondiale de Kaspersky Europe, ont cité les applications militaires, l’industrie, la beauté et les soins de santé comme étant les principaux domaines de biohacking pour les applications futures.

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La charrue avant les bœufs

Mais ne serait-ce pas aller un peu vite en besogne ? Il peut être étrange de réfléchir à une telle réalité à une époque où nous n’avons pas encore établi de connexion internet qui ne risque pas de se couper lors d’un événement en direct à distance. Discuter du sujet maintenant peut toutefois conduire à une réglementation préventive afin de contrôler cette industrie émergente – contrairement au retard dans le traitement de l’industrie de l’internet des objets (IoT), qui a ouvert la voie à des problèmes de sécurité massifs.

La société Kaspersky a publié ce jeudi un nouveau rapport consacré au sujet. L’étude, qui a eu lieu en juillet de cette année, comprenait les réponses de près de 15 000 adultes dans 16 pays, dont la France. Au total, 91 % des répondants déclarent qu’ils changeraient une caractéristique d’eux-mêmes s’ils le pouvaient, et 63 % qu’ils envisageraient une “humanité augmentée”.

Plus de la moitié des personnes interrogées, soit 53 %, expriment le souhait que le biohacking soit utilisé pour le bien de tous, par exemple dans un cadre médical. Cependant, 69 % s’inquiètent quant au fait qu’il sera à l’avenir réservé aux riches.

Un transhumanisme réservé aux riches ?

Lors de la conférence de Kaspersky NEXT, cette opinion a également été partagée par Julian Savulescu, professeur à l’université d’Oxford et titulaire de la chaire Uehiro d’éthique pratique. « L’humain augmenté se développera grâce aux forces du marché, maximisant les profits des grandes multinationales », relève ce dernier. En d’autres termes, l’économie et la demande des consommateurs pourraient bien être ce qui stimule les initiatives de biohacking, plutôt que la quête d’un bien commun.

Une opinion qui rejoint celle de Zoltan Istvan, le fondateur du Parti Transhumaniste, pour qui l’augmentation humaine est susceptible d’être « contrôlée par le capitalisme dans une certaine mesure », et que « l’économie sera un moteur, pour le meilleur ou pour le pire ». Pour ce dernier, le biohacking constitue pourtant la prochaine étape pour les humains « qui aspirent à être quelque chose de plus grand que nous ».

L’enquête Kaspersky présentait d’autres statistiques intéressantes :

  • 88 % des personnes déclarent craindre que leur corps ne soit piraté par des cybercriminels ;
  • 36 % des femmes et 25 % des hommes sont attirés par des changements pour être plus attirants ;
  • les hommes sont plus intéressés par l’amélioration de leur force via le biohacking (23 %) que les femmes (18 %) ;
  • 47 % des interrogés estiment que les gouvernements devraient réglementer l’humain augmenté.

Source : ZDNet.fr

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