Pourquoi est-ce toujours difficile de trouver des profils data orientés métier ?

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Pourquoi est-ce toujours difficile de trouver des profils data orientés métier ?

Les data scientists, les data engineers, les data protection officers… Tous ces métiers de la data font de plus en plus partie des effectifs des grands groupes, car la data occupe une place stratégique dans les organisations. Pourtant les métiers de la data gagneraient à être davantage “lisibles” dans les entreprises, qui ne les valorisent pas toujours assez.

C’est ce que révèle la nouvelle enquête sur le futur des métiers de la data, réalisée par Kantar et l’Essec Business School pour la mission numérique gouvernementale des grands groupes. Elle a été réalisée auprès de 104 responsables des activités digitales et responsables RH de 81 grands groupes français, issus pour la plupart du CAC40. C’est, selon les auteurs, « la première étude de ce genre qui vise à apporter une vision prospective du secteur », et sonde les intentions des grandes entreprises à horizon deux ans.

« Que vous soyez une start-up ou une grande entreprise, la maîtrise des données et l’accès aux meilleurs talents est un gage de compétitivité » a déclaré Cédric O, secrétaire d’Etat au Numérique, porte-parole de la mission gouvernementale.

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Stratégie de la donnée et recrutement

La donnée occupe une place centrale dans la transformation numérique de beaucoup d’entreprises. La quasi-totalité (91%) des sondés disent avoir opéré des recrutements das ce domaine au cours des trois dernières années. Une proportion similaire dit avoir fait évoluer des collaborateurs en interne sur les méties de la data pour répondre aux besoins. Si ce n’est pas déjà fait, 70% des interviewés affirment que leur entreprise « va embaucher dans les prochains mois des data scientists ».

Bien que le recrutement de profils data rencontre un engouement réel, ce n’est pas toujours chose aisée à faire, si l’on tient compte de la concurrence féroce sur ce marché et d’un manque de profils hybrides. La majorité des cadres dirigeants (74%) disent avoir du mal à évaluer les besoins en matière de data, où les compétences évoluent très vite.

Les entreprises attendent des futures recrues qu’elles puissent « résoudres de problèmes concrets », mais aussi « apporter des solutions et une plue-value sur des problématiques liées à leur coeur de métier »
explique le rapport. Or les répondants constatent qu’ils rencontrent souvent des profils très experts dans leur domaine, mais sans soft skill et pas orientés métier, ou l’inverse. Le bon équilibre semblant difficile à trouver, les recruteurs privilégient plutôt des profils expérimentés, notamment pour les data architects, souligne l’enquête.

Les lacunes des formations

Les formations sont aussi un maillon faible visé par le rapport. Près de 43% des répondants considèrent que les formations proposées par l’enseignement supérieur en France pour les métiers de la data sont « suffisamment en lien avec le monde de l’entreprise » et la moitié (51%) estiment qu’elles ne « sont pas suffisantes ».

Guillaume Chevillon, professeur en économétrie et statistique à l’Essec, observe que « les grands groupes français déplorent le manque de compétences hybrides en France, entre data et métiers, entre hard et soft skills. » Il faudrait, selon lui, davantage « renforcer les formations mêlant science des données, sciences humaines, sociales et de management qui se sont développées ces dernières années via des alliances entre universités, écoles d’ingénieurs et écoles de commerce. » Il considère que « le plus grand obstacle à la croissance ne semble pas être la pénurie de data scientists mais le manque de leaders formé aux sciences des données et à l’intelligence artificielle. »

Pour améliorer les formations, les personnes interrogées conseillent aux écoles de renforcer les liens entre la data et les métiers et de mieux former les étudiants aux cas pratiques.

Depuis 2017, Cédric O rappelle que le gouvernement a mis « un coup d’accélérateur sur la formation aux métiers du secteur numérique ». La Fance prévoit d’offrir « 10 000 nouvelles entrées en formations aux métiers du numérique d’ici 2022 » a-t-il annoncé.

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