Pourquoi Arnaud Mimran, figure de l’arnaque à la TVA carbone, est mis en examen pour complicité d’assassinat – Le Monde

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Arnaud Mimran au tribunal de Paris, en juillet 2016.

Complicité d’assassinat et meurtre en bande organisée. Ce sont les lourdes accusations qui pèsent aujourd’hui sur Arnaud Mimran, 49 ans, figure de la gigantesque escroquerie à la TVA sur le marché du carbone qui avait vu l’Etat français se faire délester de près d’1,6 milliard d’euros entre novembre 2008 et juin 2009.

Comme l’a révélé Le Monde, il a été mis en examen jeudi 15 avril pour avoir commandité les assassinats de l’un de ses associés dans la fraude, Samy Souied, en septembre 2010, puis en octobre 2011, de son ex-beau-père, l’entrepreneur Claude Dray. Deux hommes dont l’enquête a établi qu’il leur devait de fortes sommes d’argent. Et des faits qu’il a toujours contesté depuis l’ouverture des enquêtes judiciaires, il y a plus de dix ans.

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Indices graves ou concordants

Déjà soupçonné par les entourages respectifs de Samy Souied et Claude Dray, Arnaud Mimran avait été entendu à plusieurs reprises dans les deux procédures sans pour autant être mis en cause formellement par la justice jusqu’ici. Alors que ces enquêtes paraissaient encalminées, les magistrats de la juridiction interrégionale spécialisée de Paris, Benoist Hurel et Mathieu Bonduelle, déjà saisis de plusieurs affaires en lien avec l’escroquerie du carbone, les fortunes qu’elle a faites et les nombreuses convoitises qu’elles ont générées, ont finalement considéré qu’il existait des indices graves ou concordants permettant de le mettre en cause. Les déclarations variables – et pour certaines démenties – de l’intéressé sur ces sujets n’ayant par ailleurs guère permis de dissiper les soupçons.

Selon les informations du Monde, leurs analyses se fondent sur plusieurs témoignages recueillis au cours de l’enquête mais aussi sur des éléments de téléphonie qui paraissent dessiner la responsabilité d’Arnaud Mimran. Plusieurs personnes ont ainsi raconté que, s’estimant lésé par Samy Souied dans la répartition des gains liés à la fraude, Arnaud Mimran lui aurait fait miroiter un investissement boursier très rentable afin qu’il lui verse près de 60 millions d’euros.

S’inquiétant de ne pas récupérer l’argent qu’il aurait en partie versé, et convaincu qu’Arnaud Mimran tentait de l’« entuber », Samy Souied s’est ensuite rendu en France, n’informant que quelques personnes de sa venue. C’est là qu’il trouvera la mort, le 14 septembre 2010, devant le Palais des congrès à Paris, après que deux hommes à moto ont surgi pour lui tirer dessus.

Selon les éléments rassemblés par les enquêteurs de la brigade criminelle, Arnaud Mimran était depuis plusieurs jours en contacts téléphoniques réguliers avec les membres de la fratrie Khider, qualifiés « d’hommes de main » chargés notamment « de récupérer de façon menaçante, voire violente, de l’argent auprès de débiteurs ».

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