INTERNATIONAL – Existe-t-il un lien entre le débarquement en Normandie pendant la Seconde Guerre mondiale et l’actuelle situation explosive entre les Kurdes et la Turquie? La réponse est non. Sauf pour Donald Trump, qui a fait référence au 6 juin 1944 pour justifier sa décision ne pas intervenir en faveur des Kurdes en Syrie. 

Quelques heures après le début de l’offensive turque contre les Kurdes au nord-est de la frontière syrienne, Donald Trump a été interrogé sur une aide éventuelle aux combattants kurdes dans cette zone. Avant et après les premières frappes turques, le président américain avait en effet mis en garde Ankara, jugeant qu’il s’agissait d’une “mauvaise idée”. 

Toutefois, Donald Trump a catégoriquement exclu une intervention américaine, de quelque nature qu’elle soit, en faveur des Kurdes. Et il a utilisé pour se justifier un argument surréaliste: “Ils ne nous ont pas aidés pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils ne nous ont pas aidés en Normandie”, a déclaré le président, en reprenant les propos d’un “article, vraiment, vraiment très puissant”. 

Comme l’a repéré un journaliste américain, le président semble faire référence à une tribune publiée le 8 octobre sur le site Townhall, qui se présente lui-même comme “conservateur”. L’auteur du texte en question est Kurt Schlichter, ancien militaire américain, qui a été “personnellement recruté par Andrew Breibart pour écrire des tribunes conservatrices” sur Townhall, comme le précise sa biographie sur le site.

Andrew Breibart étant le fondateur -décédé en 2012- du site Breitbart News, considéré comme un site de droite voire d’extrême droite. 

Affirmant que les Kurdes se battent désormais “pour leur territoire”, Donald Trump a déclaré qu’ils “étaient là pour nous aider sur leur territoire et que c’est donc quelque chose de différent”. 

Avant même l’offensive turque, le dirigeant américain avait déjà laissé entendre que les États-Unis n’étaient pas redevables aux Kurdes, en dépit de l’aide colossale apportée sur le terrain dans la lutte contre Daech.

“Les Kurdes ont combattu avec nous, mais ils ont reçu des sommes d’argent et quantité d’équipements pour le faire. Ils combattent la Turquie depuis des décennies. J’ai aidé à cette lutte pendant presque trois ans, mais il est temps pour nous de sortir de ces ridicules guerres sans fin, sauvages pour la plupart, et de ramener nos soldats à la maison”, avait tweeté Donald Trump le 7 octobre laissant le soin à “la Turquie, l’Europe, la Syrie, l’Iran, l’Irak, la Russie et les Kurdes de gérer la situation désormais.”

Ces déclarations correspondent à la ligne politique sur laquelle Donald Trump s’est fait élire en 2016, promettant que les États-Unis ne seraient plus le “gendarme du monde”. “La chose la plus difficile que j’ai eu à faire en tant que président, c’est de signer les lettres aux parents des soldats qui avaient été tués”, a d’ailleurs affirmé le dirigeant ce mercredi.

Toutefois, le président américain l’a assuré: “tout cela étant dit, nous aimons les Kurdes”. 

Pour de nombreux observateurs internationaux, tout comme des élus républicains et démocrates aux États-Unis, l’offensive turque a été lancée avec le “feu vert” implicite de Donald Trump, lorsqu’il a annoncé le retrait des troupes américaines à la frontière nord-est de la Syrie. Cette décision a été prise après une discussion avec Recep Tayyip Erdogan, qui a à cette occasion fait part de son intention de relancer sa lutte territoriale contre les organisations kurdes, considérées comme terroristes par Ankara.

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