Pour l’historien Alexandre Gady, Patrick Devedjian «avait une culture profonde » – Le Figaro

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Patrick Devedjian avait un jardin secret, la passion pour les dessins et les peintures françaises du XVIIe siècle. Collectionneur avisé, membre du conseil d’administration du Louvre, il surprenait son monde par sa connaissance de ce genre pointu. D’ici 2025, un ambitieux musée dédié au Grand Siècle, voulu et initié par lui, devait ouvrir ses portes à Saint-Cloud, représentant un investissement de 100 millions d’euros.

«C’était une passion unique chez un grand homme politique, exigeante, peu médiatique assurément. Il n’avait d’ailleurs pas choisi la facilité, en se lançant dans une telle aventure», témoigne, bouleversé, l’universitaire Alexandre Gady, choisi par Patrick Devedjian pour être le futur directeur de cet établissement. «Il souhaitait en faire un lieu pédagogique, afin de faire partager au plus grand nombre la richesse d’une période majeure de notre aventure collective», explique-t-il.

Rien ne prédestinait les deux hommes à travailler ensemble. C’est Pierre Rosenberg, ancien président du musée du Louvre, qui envisage de donner au département sa propre collection d’œuvres d’art, qui les avait mis en contact, il y a tout juste un an. Et la complicité fut immédiate. «Patrick Devedjian n’avait pas été un disciple de Raymond Aron pour rien : il avait une forme de sagesse, de recul et une culture profonde, poursuit Alexandre Gady. Le tout avec cet humour qui le rendait irrésistible».

En installant un musée dans l’ancienne Caserne Sully de Saint-Cloud, un site qu’il avait sauvé du délabrement en 2016, Patrick Devedjian entendait en faire un nouvel élément de la «vallée de la Culture» prévue dans l’Ouest parisien. « Dès le début de cette aventure, il s’est totalement impliqué et il a suivi la progression de ce qu’il appelait son dernier grand projet, avec une gourmandise éclairée , celle d’un humaniste qui se réjouit d’embellir la Cité».

Leur dernier rendez-vous, le 13 mars dernier, se fit autour d’un tableau de Nicolas Poussin, qu’un mécène s’apprête à offrir au nouveau musée. « Comment oublier son enthousiasme et sa joie douce à la vue de ce Baptême du Christ? Le monde de la Culture est en deuil », regrette l’historien de l’art.

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