Pour Jean Castex, l’assassinat de six humanitaires français au Niger « a tout d’une attaque terroriste » – Le Monde

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Jean Castex, Eric Dupond-Moretti et Jean-Baptiste Lemoyne arrivent à la cérémonie rendue en hommage aux six humanitaires français tués au Niger, a l’aéroport d’Orly, le 14 août 2020.

« La France tout entière porte le deuil de vos enfants », a déclaré le premier ministre, Jean Castex, vendredi 14 août, lors d’une cérémonie d’hommage en présence des familles des six humanitaires français tués dimanche au Niger, devant leurs cercueils disposés dans une salle de l’aéroport d’Orly.

« Je veux avant tout exprimer la peine, la douleur, l’incompréhension, la colère de tous les Français », a dit le chef du gouvernement, rappelant que « les victimes de cet attentat étaient venues au Niger pour y faire le bien. Elles y ont rencontré le mal ».

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« Cette incarnation du mal, la France ne la connaît malheureusement que trop (…), c’est très vraisemblablement la même haine, la même lâcheté, la même inhumanité qui étaient à l’œuvre au Niger et au Bataclan », a-t-il ajouté, martelant ensuite qu’il n’était « pas question de céder un pouce de terrain au fanatisme criminel et aux ennemis de la liberté d’agir, de penser et de s’engager ». Pour le chef du gouvernement, « ce crime odieux (…) a tout d’une attaque terroriste », même s’il n’a jusqu’à présent pas été revendiqué.

Dans la matinée, les dépouilles des six jeunes gens – quatre femmes et deux hommes – avaient été rapatriées en France par avion depuis Niamey, cinq jours après le drame. Ils ont été exécutés, avec leur chauffeur et leur guide nigériens, par des hommes armés à moto alors qu’ils visitaient la réserve de girafes de Kouré, à 60 km au sud-est de la capitale Niamey, où ils étaient basés. Après l’attaque, le ministère français des affaires étrangères a placé l’ensemble du Niger, à l’exception de la capitale Niamey, en zone rouge, soit « formellement déconseillée ».

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Retour des enquêteurs français

Samedi, les enquêteurs envoyés au Niger doivent regagner Paris après plusieurs jours à la recherche d’indices sur le déroulement de cet assassinat. Cette coopération policière à l’extérieur du territoire est possible lorsque des Français figurent parmi les morts ou les blessés d’une attaque, d’un accident ou d’une catastrophe naturelle à l’étranger.

Un magistrat peut alors ouvrir une enquête en France – le parquet national antiterroriste s’en est chargé, lundi – et faire une demande d’entraide pénale internationale (DEPI) au pays où les faits se sont déroulés. Si le pays l’accepte, cela permet d’envoyer des enquêteurs en soutien des enquêteurs locaux.

« C’est un dispositif utilisé plusieurs dizaines de fois par an », a expliqué à l’Agence France-Presse Jean-Jacques Colombi, conseiller du directeur général de la police nationale et ancien chef de la division des relations internationales. « La DEPI permet aux enquêteurs français de sortir du rôle de simple observateur, explique-t-il, ils peuvent procéder à des auditions, exécuter un certain nombre d’expertises, voire ordonner des autopsies en France. »

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Dans leur jargon, les enquêteurs appellent cela « l’enquête miroir ». L’expertise française est mise au service de la police et justice locale du pays, qui n’a pas toujours les ressources nécessaires, notamment scientifiques. Au Niger, la France a ainsi envoyé six enquêteurs de la direction générale de la sécurité intérieure, deux autres appartenant à la sous-direction antiterroriste et trois membres de la police technique et scientifique.

Sur place, les policiers peuvent enquêter, interroger des témoins, consulter les procès-verbaux mais ils ne peuvent pas procéder à des arrestations. Dans le cadre de « l’enquête miroir », ils doivent remettre les éléments collectés aux enquêteurs locaux. La police scientifique, quant à elle, pourra étudier les impacts de balles, rechercher des traces ADN et tenter de reconstituer le déroulement de cette attaque meurtrière.

Le Monde avec AFP

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