Pour Google, Microsoft “veut casser le web ouvert”

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Vendredi dernier, Brad Smith, le PDG de Microsoft, était interrogé par le sous-groupe antitrust du comité judiciaire de la Chambre des représentants des États-Unis. Les échanges portaient sur une proposition de loi portée par des démocrates et des républicains visant à permettre aux entreprises de presse de négocier collectivement avec les géants du web dans le but d’obtenir une rétribution pour la distribution de leurs contenus.

Comme le rapportent nos confrères de Zdnet, Brad Smith a profité de cette occasion pour pointer du doigt Google et sa mainmise sur le marché de la publicité numérique : « Google est devenu une vitrine pour l’actualité, disposant désormais d’une relation privilégiée avec le lecteur. Les contenus tiers se retrouvent alors marginalisés ».

La rémunération des médias par les géants du web : un sujet sensible

La réponse de Google ne s’est pas faite attendre. Dans un billet de blog, Kent Walker, vice-président directeur général de Google Affaires mondiales, estime que ces déclarations de Microsoft ne sont qu’un moyen d’attaquer une compagnie rivale et de détourner l’attention du public de certaines polémiques telle que l’attaque SolarWinds.

Il explique : « Cet important débat devrait porter sur le fond de la question et ne pas dérailler vers de l’opportunisme commercial. » Selon lui, les dirigeants de Microsoft « font maintenant des déclarations intéressées et sont même prêts à briser le fonctionnement du web ouvert ».

En attendant, le débat parlementaire se poursuit et il a de grandes chances d’aboutir sur un texte de loi contraignant pour les géants du web. Il n’est guère surprenant de retrouver les démocrates David Cicilline et Amy Klobuchar à la manœuvre. Le soutien affiché par le chef de républicains du Sénat, Mitch McConnell est en revanche révélateur d’une prise de conscience qui va au-delà des appartenances politiques.

La question de la rémunération des médias par les grandes entreprises technologiques a également été très présente en Australie dernièrement. Un projet de loi, finalement adopté, a été très fermement combattu par Google et Facebook. La firme de Mark Zuckerberg est même allé jusqu’à bloquer le partage d’articles de presse en Australie. Après des discussions avec le gouvernement, le réseau social est finalement revenu sur sa décision.

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