Pour concurrencer le GPS américain, Galileo fait appel à… SpaceX

Pour concurrencer le GPS américain, Galileo fait appel à… SpaceX

Pour l’enjeu de souveraineté, on repassera. Le Wall Street Journal nous apprend que l’Agence spatiale européenne (ESA) a récemment signé un accord avec SpaceX pour le lancement en 2024 de deux lancements, transportant chacun deux satellites Galileo. Pour rappel, Galileo, opérationnel depuis dix ans, vise à doter l’Europe un système de navigation de navigation par satellite indépendant du célèbre GPS américain.

L’Europe spatiale a constitué pour cela une constellation d’une trentaine de satellites, postés sur trois plans d’orbites circulaires moyennes (MEO) de 23 616 km d’altitude. Leur durée de vie étant initialement fixée à dix ans, il faut régulièrement les réparer ou les remplacer.

Le hic, c’est que le Vieux Continent ne dispose plus actuellement de lanceur d’envergure. La destruction en vol de sa fusée Vega-C, en décembre, l’a momentanément mis en retrait de la guerre des étoiles en attendant la mise en service d’Ariane 6 dont le vol inaugural n’est prévu au mieux que l’année prochaine.

publicité

Un système d’information critique

Dans l’entretemps, l’Europe ne peut même plus utiliser les fusées russes Soyouz dans le contexte de la guerre en Ukraine. C’est ainsi qu’elle s’est jetée dans les bras de SpaceX en dépit de l’opposition initiale de ses décideurs estimant, selon le WSJ, que la constellation « ne devrait pas dépendre d’une entreprise américaine, lançant des fusées depuis les États-Unis, pour fournir des infrastructures critiques dans l’espace ».

Toute de défaillance du signal la navigation par satellite peut potentiellement mettre en péril le fonctionnement efficace des systèmes de transport ou la sécurité des personnes. A la différence du GPS (Global Positioning System) américain et de ses équivalents russe (Glonass) et chinois (BeiDou/Compass), mis au point par leurs forces armées respectives, Galileo a été conçu dans un cadre civil.

Interrogé par le journal américain, l’ESA estime qu’elle ne devrait pas faire appel à SpaceX pour les futurs lancements de Galileo au-delà des quatre satellites prévus dans l’accord. Elle affirme, par ailleurs, « prendre toutes les mesures nécessaires pour s’assurer que la constellation Galileo continue de fournir des services exceptionnels dans les mois et les années à venir. »

Le Galileo de deuxième génération sur le pas de tir

Ce nouvel épisode dans la longue histoire de Galileo intervient lors que l’Europe s’apprête à lancer la deuxième génération de satellites (G2) appelés à rejoindre la constellation dans les années à venir. Utilisant pour la première fois la propulsion électrique et hébergeant une antenne de navigation plus puissante, ces nouveaux satellites intégreront six horloges atomiques, au lieu de quatre, ainsi que des liaisons intersatellites pour communiquer entre eux, le tout pour une durée de vie allongée à 15 ans.

Dans le secteur privé, de nombreux opérateurs satellites se tournent vers la société dirigée par le multimilliardaire Elon Musk. L’ex-opérateur britannique OneWeb, battant désormais pavillon français depuis son récent rachat par Eutelsat, recourt aux lanceurs de SpaceX et l’indien New Space India pour déployer sa constellation de satellites.

A raison d’un décollage de sa fusée Falcon 9 tous les quatre jours, SpaceX dispose, de fait, d’une capacité de portage dans l’espace exceptionnelle lui permettant de proposer ses services à des sociétés tierces au-delà de la mise en orbite des satellites de télécommunications de sa propre filiale Starlink.

Leave a Reply

Discover more from Ultimatepocket

Subscribe now to keep reading and get access to the full archive.

Continue reading