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Pont en Haute-Garonne : ce que l’on sait de l’effondrement qui a fait 2 morts – Le Monde

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Une adolescente de 15 ans et le chauffeur d’un camion ont trouvé la mort, lundi, dans l’écroulement de la passerelle.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 06h23, mis à jour à 06h26

Temps de Lecture 3 min.

Le pont métallique reliant Mirepoix-sur-Tarn et Bessières est situé sur la route départementale 71.

Le camion était-il trop lourd, le pont fragilisé ? Les enquêteurs cherchaient, mardi 19 novembre, des réponses au lendemain de l’effondrement du pont de Mirepoix-sur-Tarn (Haute-Garonne), près de Toulouse, dans lequel une adolescente de 15 ans et le chauffeur d’un camion ont trouvé la mort. Quatre autres personnes, dont deux pompiers, ont été légèrement blessées, selon France Bleu Occitanie.

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  • Que s’est-il passé ?

Le pont métallique s’est affaissé vers 8 heures, précipitant dans l’eau les deux véhicules qui s’y trouvaient : la voiture où prenait place l’adolescente, conduite par sa mère qui a pu être sauvée, et le poids lourd. La jeune fille était en classe de première au lycée privé d’enseignement professionnel rural de la localité voisine de Montastruc-la-Conseillère, selon l’établissement où une cellule psychologique a été mise en place.

Dans la soirée, le maire de Mirepoix-sur-Tarn, Eric Oget, a annoncé la mort du conducteur, retrouvé dans la cabine du poids lourd. « C’est le bilan définitif, il n’y a pas d’autre personne portée disparue », a assuré l’élu.

  • Le pont était-il en mauvais état ?

Alors que l’accident a relancé les inquiétudes sur l’état des ponts en France, le Bureau d’enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) a été chargé par le gouvernement de mener ses propres investigations.

Seule certitude : datant de 1931, le pont suspendu qui s’est « effondré brutalement en quelques secondes », avait été contrôlé et « n’avait pas été identifié comme posant des problèmes particuliers », a déclaré la secrétaire d’Etat à la transition écologique, Emmanuelle Wargon, qui s’est rendu sur place accompagnée du secrétaire d’Etat à l’intérieur, Laurent Nuñez. Son tablier s’est pourtant presque totalement effondré dans le Tarn, profond de plus de 20 m et large de 100 m dans cette zone. Les investigations devront aussi éclaircir si « les conditions d’usage [de l’ouvrage] étaient respectées », a précisé Mme Wargon.

L’ouvrage, rénové en 2003, « n’était pas classé à surveillance renforcée ou en état critique », selon Georges Tempez, du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement. Cet organisme public en avait réalisé en 2017 une inspection détaillée pour le compte du conseil départemental. Un dernier contrôle avait aussi été mené en décembre 2018.

Selon le président de la communauté de communes, Jean-Marc Dumoulin, le passage de camions en surpoids n’y était pas exceptionnel, ce qui aurait pu le fragiliser. Les habitants, qui empruntent régulièrement cette desserte, majeure pour leur localité, ont été d’autant plus choqués que des bus scolaires venaient d’y passer, selon un témoin.

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  • Le camion était-il trop lourd ?

Selon Eric Oget, le maire de cette localité, située à une trentaine de kilomètres de Toulouse, le poids lourd était un « porte char de transport de grue ». Il appartenait à une entreprise locale de forage, qui a été perquisitionnée. L’enquête judiciaire, confiée au parquet de Toulouse, devra notamment déterminer s’il dépassait la limite de 19 tonnes, rappelée à l’entrée du pont.

Selon des informations de France Bleu Occitanie, le camion transportait sur sa remorque un autre engin, et leur poids total « dépassait largement les 19 tonnes autorisées. Le convoi, qui appartenait à l’entreprise de forage Puits Julien Fondation, dont le siège est à Bessières, ne ferait pas moins de 44 tonnes ».

Ce drame « illustre malheureusement » les conclusions de la mission d’information sénatoriale sur la sécurité des ponts, à savoir qu’il y a « une vraie dangerosité de l’état de nos ponts », a déclaré son président Hervé Maurey.

Mise en place après l’effondrement du viaduc autoroutier de Gênes, en Italie, qui a fait 43 morts en août 2018, la mission d’information avait appelé fin juin à « unplan Marshallpour éviter un drame », réclamant un audit des ponts. Selon ses conclusions, au moins 25 000 ponts français « sont en mauvais état structurel », sur les 200 000 à 250 000 ouvrages que compte le pays, leur nombre exact n’étant pas connu.

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