Policiers percutés à Colombes : Le parquet national antiterroriste se saisit de l’enquête – 20 Minutes

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Deux motards de la police ont été grièvement blessés. L’acte serait volontaire. — DR
  • Un homme de 29 ans a percuté en voiture, lundi en fin d’après-midi, des policiers qui participaient à une opération de contrôle à Colombes, dans les Hauts-de-Seine.
  • Le suspect, connu pour des antécédents psychiatriques remontant à 2012, avait d’emblée indiqué vouloir tuer des policiers et être prêt à mourir pour arriver à ses fins.
  • Après qu’un expert a conclu ce mardi « à l’absence d’abolition ou d’altération du discernement du mis en cause », le parquet national antiterroriste a fait savoir qu’il se saisissait des faits.

Acte terroriste ou coup de folie ? Lundi après-midi, vers 17h, un homme a foncé en voiture sur deux motards de la police nationale qui participaient à une opération de contrôle avec des policiers municipaux aux abords du stade Yves-du-Manoir à Colombes ( Hauts-de-Seine), les blessant grièvement. Après avoir pris le temps d’examiner les faits, le parquet national antiterroriste a tranché. Au regard des éléments du dossier, en particulier les conclusions de l’expert sur l’état mental du suspect, il a décidé d’ouvrir une « enquête des chefs de tentative d’assassinats sur personnes dépositaires de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteur terroriste criminelle », a-t-il fait savoir dans un communiqué.

Youssef T., un habitant de la commune âgé de 29 ans, avait été extrait de la BMW noire série 1 accidentée qu’il conduisait par des policiers municipaux. Originaire de Lunéville (Meurthe-et-Moselle), il avait d’emblée déclaré aux policiers avoir agi délibérément après avoir regardé des vidéos sur Gaza. Dans sa voiture ont aussi été retrouvés deux couteaux et une lettre d’allégeance au groupe  Etat islamique, « dans lequel l’auteur du texte explique notamment se lancer « à corps perdu dans la bataille pour imposer la charia sur l’ensemble de la terre » », indique le Pnat dans son communiqué. « C’était aussi une lettre d’adieu à ses proches », précise à 20 Minutes une source judiciaire. Vêtu d’un maillot du PSG de couleur foncée, il avait été ensuite conduit au commissariat afin d’être placé en garde à vue.

Antécédents psychiatriques

Au cours de son interrogatoire, Youssef T. a expliqué aux enquêteurs qu’il voulait tuer des policiers et qu’il était prêt, pour cela, à mourir. Jusqu’à présent inconnu des services de renseignement, ce trentenaire ne faisait pas l’objet d’une fiche S mais était en revanche connu des services de police et de la justice pour des faits de violence, remontant à une dizaine d’années.

Une perquisition a été menée à son domicile, à quelques centaines de mètres du lieu de l’accident. Mais elle n’a pas permis aux enquêteurs de découvrir des éléments montrant des signes de radicalisation. Les experts de la police scientifique tentent, en ce moment, de faire parler son téléphone portable et le matériel informatique saisis chez lui.

En outre, Youssef T. a des antécédents psychiatriques remontant à 2012. Mais, selon nos informations, il n’avait pas été hospitalisé à l’époque. Un examen psychiatrique a été effectué ce mardi. Il conclut « à l’absence d’abolition ou d’altération du discernement du mis en cause », précise le communiqué du Pnat, soulignant que sa garde à vue se poursuivait. Les investigations ont été confiées à la section antiterroriste de la brigade criminelle de la police judiciaire parisienne, épaulée par les policiers du service département de police judiciaire des Hauts-de-Seine, ainsi qu’à la DGSI. Les enquêteurs continuent d’auditionner les proches du jeune homme « afin de mieux cerner son profil, savoir s’il a pu bénéficier de complicités, comprendre à quel point son geste était prémédité », explique une source policière à 20 Minutes.

Amélioration de l’état de santé des victimes

L’état des victimes s’est amélioré. L’un des deux motards appartenant à la direction de l’ordre public et de la circulation de la préfecture de police avait été transporté en urgence absolue à l’hôpital Beaujon de Clichy (Hauts-de-Seine). Il a été placé en coma artificiel et opéré dans la nuit mais son pronostic vital n’est plus engagé ce mardi. Le deuxième policier percuté, souffrant d’une fracture des deux péronés, a pour sa part été hospitalisé en urgence relative à l’hôpital Percy à Clamart. Enfin, un policier municipal qui avait été plus légèrement atteint est sorti de l’hôpital.

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