Policier tué à Avignon : un homme interpellé dans le cadre de l’enquête – Le Monde

Un homme soupçonné d’avoir été présent, mercredi soir, à Avignon près du point de deal où un policier a été tué lors d’une intervention a été interpellé, jeudi 6 mai, dans le cadre de l’enquête, a appris l’Agence France-Presse (AFP) de source policière. Il a été placé en garde à vue au commissariat d’Avignon.

Deux hommes, le tireur et un complice, qui ont pris la fuite après la fusillade, sont activement recherchés par les enquêteurs de la police judiciaire chargée de l’enquête sous l’autorité du parquet d’Avignon. « Des images de vidéosurveillance ont été récupérées, hier, par les enquêteurs pour essayer d’identifier le suspect », a déclaré, jeudi, la maire d’Avignon Cécile Helle.

Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, qui s’est rendu sur place mercredi soir, devait à nouveau rencontrer les policiers d’Avignon dans la matinée.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi La police sous le choc après la mort d’un brigadier tué lors du contrôle d’un point de deal à Avignon

Tué par balles lors d’une opération antidrogue

Mercredi soir, vers 18 h 30, le policier tué et son équipage avaient été envoyés « pour un attroupement sur la voie publique autour d’un point de deal », selon le ministre de l’intérieur.

A leur arrivée sur les lieux – « très sensibles en matière de stup », selon le délégué syndical Unité SGP-Police Grand Sud, Bruno Bartocetti –, l’équipage a contrôlé le groupe présent : au cours de cette intervention, une des personnes présentes aurait fait feu « à plusieurs reprises » sur le fonctionnaire de police.

Les autres policiers présents ont riposté, sans pouvoir interpeller l’auteur des tirs qui a pris la fuite « en trottinette », selon une source policière. Malgré l’intervention de ses collègues et des sapeurs-pompiers, la victime, un homme de 36 ans pacsé et père de deux enfants, est morte.

« Rien ne justifie une telle barbarie », s’est insurgé le syndicat Synergie officiers, Alliance Police nationale réclamant « de la prison ferme, assortie de mandat de dépôt » pour « ceux qui agressent ou tuent des policiers ». Frédéric Lagache, le délégué général d’Alliance a estimé, jeudi, que « l’Etat ne protège[ait] plus ses policiers ». « Nous allons agir et réagir », a-t-il dit, en ajoutant que son organisation syndicale allait décider dans la journée d’une action. « On ne va pas accepter sans réagir que des collègues soient victimes de leur mission », a-t-il ajouté.

« Choc » et « incompréhension »

Responsables politiques de gauche comme de droite ont, par ailleurs, partagé, jeudi, leur « émotion ». La maire d’Avignon a exprimé « le choc », « l’incompréhension » et la « profonde tristesse » de la ville, ainsi que sa solidarité avec la « famille » de la victime et de « tous ses collègues ». « Je pense que, dans les prochains jours, il y aura une cérémonie », a fait savoir l’élue, insistant sur la nécessité d’un « moment de recueillement » et de « communion » pour rappeler l’attachement de la population « à la République et à la sécurité et à ceux et celles qui [l’]incarnent ».

De son côté, le premier ministre, Jean Castex, a promis que « tout est mis en œuvre pour que cet acte odieux ne reste pas impuni ».

« Un de plus. En plein jour. Sans sursaut, sans réarmement pénal, la vie paisible [expression d’Emmanuel Macron] ne sera qu’un vain slogan », a, de son côté, tweeté le patron des députés Les Républicains (LR) Damien Abad. « La priorité absolue doit être d’opérer une révolution pénale pour rétablir l’autorité de l’Etat et faire reculer cette sauvagerie », a abondé celui des sénateurs LR, Bruno Retailleau, tandis que le député LR Eric Ciotti a accusé le gouvernement de « regarder ailleurs » alors que « la France sombre chaque jour de plus en plus dans le chaos ».

A l’extrême droite, la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, s’est dite « en colère », « il est urgent que l’Etat protège » les forces de l’ordre, a-t-elle exhorté dans un tweet.

A gauche, le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a affirmé que « le meurtre d’un malheureux policier provoque une fois de plus [sa] mise en cause par des policiers d’extrême droite. Un homme est tué du fait de trafics de drogue. Honneur à la victime. Guerre aux trafiquants. Pas de récupération politicienne », a-t-il tweeté. « Insupportable », a, pour sa part, tweeté le député et porte-parole du PS, Boris Vallaud. Chez les écologistes, le maire de Grenoble, Eric Piolle, a dit sa « pensée fraternelle » aux « équipiers » du policier, « mobilisés chaque jour pour notre sécurité dans des conditions souvent difficiles ».

Le Monde avec AFP

Leave a Reply