Plan France 2030 : 30 milliards d’euros seront injectés dans l’industrie 4.0

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Plan France 2030 : 30 milliards d'euros seront injectés dans l'industrie 4.0

La France a-t-elle les moyens de rattraper son retard industriel et technologique ? C’est l’immense équation que veut résoudre le gouvernement avec son “Plan 2030” pour l’industrie. Le plan massif d’investissement pour redynamiser l’industrie et porter les grands enjeux de transformation des filières clés a été présenté ce mardi par le président Emmanuel Macron devant un parterre de représentants des industries, de membres du gouvernement et de personnalités du monde de la recherche.

Ce plan d’investissement de la prochaine décennie s’inscrit dans une stratégie macro-économique d’innovation industrielle. « Je suis convaincu que le levier d’innovation est clé pour produire », a souligné Emmanuel Macron. Le président de la République a insisté sur la nécessité de « sortir de l’opposition » entre innovation et industrialisation et de réconcilier les start-up et les industriels.

10 objectifs clés ont été identifiés, s’appuyant sur un certain nombre de secteurs stratégiques comme l’énergie, l’automobile, l’agriculture et la santé. Pour réinvestir dans l’innovation, l’innovation de rupture et la croissance industrielle de ces secteurs, le plan mobilisera au total 30 milliards d’euros, complétés par des fonds propres. Cet investissement bénéficiera aux grands industriels comme aux start-up.

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10 objectifs fixés à l’horizon 2030

En matière d’énergie, le gouvernement a choisi d’investir dans les innovations autour du nucléaire, et les réacteurs de petite taille à hauteur d’un milliard d’euros d’ici 2030, dans l’hydrogène vert et la décarbonation de l’industrie à hauteur de 8 milliards d’euros au total.

Sur le chapitre des transports, 4 milliards d’euros seront investis dans l’automobile et l’aéronautique. La révolution industrielle ne s’est pas engagée sous les meilleurs auspices pour le secteur automobile français, évoque le président. L’objectif est de produire en France près de deux millions de véhicules électriques et hybrides à l’horizon 2030. « On a besoin d’aller sur des technologies de rupture, et on a commencé à le faire sur les batteries », explique Emmanuel Macron. Dans l’aérien, l’objectif est de construire le premier avion bas carbone dans les 10 prochaines années. Là encore, les investissements seront massifs, promet le président.

Autres enjeux forts du programme : la santé et l’agriculture. Dans l’agriculture, la robotique, la génétique et le numérique sont les trois piliers de reconquête pour lesquels 2 milliards d’euros, dont des fonds propres, seront consacrés. L’intelligence artificielle, l’internet des objets et le quantique sont également des technologies prometteuses dans le domaine de la santé, et 7,5 milliards d’euros seront investis dans l’innovation en santé. Une partie des efforts se tourneront également vers le préventif, la personnalisation du système de soin et l’usage des dispositifs connectés en télémédecine, évoque Emmanuel Macron. L’objectif concret sera de concevoir au moins 20 biomédicaments et de créer des dispositifs médicaux de demain, précise le président.

Les industries culturelles, la reconquête spatiale et l’exploration des fonds marins feront aussi partie des objectifs fixés dans le plan. Par ailleurs,un investissement de l’ordre de 2,5 milliards d’euros sera porté sur les « talents ». Le but ici étant d’accélérer dans des formations autour des nouvelles filières.

Pas d’innovation sans prise de risque

Le plan industriel dépendra aussi de la maîtrise des technologies numériques. Sur ce point, certains domaines comme le quantique sont déjà regardés de près. Pour ce qui est du cloud computing, le gouvernement a aussi construit une doctrine “cloud au centre” pour aider les grandes entreprises et les administrations à s’appuyer sur des solutions de confiance, gérées par des acteurs nationaux, mais toujours dépendantes technologiquement des grandes entreprises, comme l’illustre le récent accord passé entre Google et Thales. Le président français reste ici réaliste : « est-ce que nous aurons un cloud totalement souverain en cinq ans ? Je crois que ce n’est pas vrai. Par contre, on doit sécuriser les briques les plus sensibles, et nous devons investir sur les éléments les plus souverains pour sécuriser notre écosystème », dit-il.

Sur le volet “French Tech”, un thème cher au gouvernement, Emmanuel Macron assure que la réindustrialisation du pays ne se fera pas sans l’écosystème des start-up. Mais il faut encore passer le cap des investissements dans l’industrialisation des innovations de rupture. « Il y a une faille de marché, car il n’y a pas encore suffisamment d’investisseurs en France », reconnaît le président. L’objectif du plan consiste à y investir 5 milliards d’euros et à construire « plusieurs centaines de démonstrateurs » par an à l’horizon 2030, pour réussir l’industrialisation des innovations de rupture.

Sur fond de pénurie des semi-conducteurs, la réussite de tous ces objectifs ne pourra pas se faire non plus sans l’accès aux matériaux et composants, souligne Emmanuel Macron. La France prévoit d’investir 6 milliards d’euros sur les composants électroniques. Ce défi est aussi pris au sérieux au niveau de l’UE, qui produit actuellement 10 % des composants électroniques mondiaux. L’objectif vise à doubler le niveau de production d’ici 2030, et de miser sur les composants de plus petite taille.

Les premiers crédits seront budgétés dès janvier 2022, « pour enclencher une dynamique ». La gouvernance du plan sera finalisée d’ici la fin de l’année. Le but de ce plan est d’aller vite, au risque d’échouer d’abord, insiste le président de la République. Investir dans l’innovation, c’est en effet se préparer à échouer, résume Emmanuel Macron. De la façon « la plus rapide et la moins coûteuse possible ».

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