Plan de relance : l’opposition le juge « trop tardif », les syndicats réclament des « contreparties » aux entreprises – Le Monde

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Le premier ministre, Jean Castex, détaille le plan de relance de son gouvernement, jeudi 3 septembre, à Paris.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Peu après la présentation par le gouvernement, jeudi 3 septembre en début d’après-midi, du plan de relance de 100 milliards d’euros sur deux ans, les oppositions ont fustigé ses « insuffisances ». Les syndicats regrettent pour leur part l’absence de contreparties aux aides pour les entreprises, qui, elles, saluent globalement les mesures annoncées.

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  • Un plan de relance « trop tardif » pour les oppositions

Les oppositions ont dénoncé, jeudi, les « insuffisances » du plan de relance présenté par le gouvernement. « C’est le plan du sapeur Camember, ce personnage de bande dessinée au XIXsiècle », qui creusait à chaque fois un trou pour remplir le précédent, a déploré le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, sur Franceinfo. Du côté des écologistes, le secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Julien Bayou, a fustigé un « plan de relance à l’ancienne » dont les 30 milliards d’euros pour l’écologie ne sont qu’un « investissement ponctuel et nettement insuffisant ».

Pour La France insoumise (LFI), le député Adrien Quatennens a dénoncé un plan favorable au patronat : « Derrière les gesticulations, le nouveau jackpot du grand patronat sans contrepartie sociale et écologique. Les plus fragiles n’ont qu’à tirer la langue ! », a-t-il tweeté. « A présent, seule la com’de Macron est relancée », a estimé quant à lui le chef de file de LFI, Jean-Luc Mélenchon. Du côté du Parti communiste (PCF), le secrétaire national, Fabien Roussel, a regretté les insuffisances sociales du plan : « On aurait aimé zéro licenciement, réduction du temps de travail, plan pour l’embauche et la formation dans nos services publics et dans l’industrie, 750 000 emplois CDI pour nos jeunes… »

A droite, le patron des Républicains (LR), Christian Jacob, a jugé que « le plan de relance du gouvernement arrive tard ». « On aurait dû le faire avant l’été pour permettre aux entreprises d’anticiper davantage », a-t-il estimé. Le président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Eric Woerth (LR), a quant à lui redouté que le plan ait de graves conséquences pour les finances publiques. « Comment le pays va payer ? Est-ce que la relance n’est pas une bombe à retardement sur le plan économique, social, parce qu’on s’endette comme des fous ? » s’est-il inquiété sur Sud Radio.

Au Rassemblement national (RN), l’eurodéputé Jérôme Rivière n’a pour sa part pas été convaincu par la volonté annoncée par le premier ministre de relocaliser des activités dans des secteurs d’avenir, tandis que Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, a accusé Emmanuel Macron de chercher « à se faire réélire » avec le plan de relance.

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  • Les syndicats réclament des contreparties de la part des entreprises

« Toutes ces aides ça fait beaucoup de milliards ne sont pas associées à des contreparties, on donne des sous et on verra ce qui se passe », a regretté sur France 2 le numéro un de la CGT, Philippe Martinez, qui déplore également l’absence d’annonces pour les salariés de « la deuxième ligne » comme les caissières, les salariés du commerce, les aides à domicile ou les agents de sécurité.

Le responsable de FO, Yves Veyrier, a regretté sur RTL que les plans de relance ne soient en général « jamais conditionnés à l’emploi ». « Jamais ce n’est mesuré, jamais ce n’est contrôlé, a fortiori pas sanctionné. » Il a également estimé que « la question du salaire doit faire partie du plan de relance », appelant à ce qu’on « n’oublie pas les salariés de la deuxième ligne », « tous au smic, en emploi précaire ».

La CFDT pointe, elle, « les marges de manœuvre importantes données aux entreprises [qui] engagent leur responsabilité en termes de préservation de l’emploi, de transition écologique, de partage des richesses et de dialogue social » et réclame en entreprise des avis du Comité social et économique (CSE) « sur l’utilisation des aides publiques pour garantir qu’elles seront bien investies, dans chaque entreprise, dans la transition écologique et l’emploi de qualité ».

Enfin, l’UNSA-Ferroviaire a jugé « assez flou » le plan de soutien au transport ferroviaire, présenté jeudi par le gouvernement, tandis que la CFDT-Cheminots a prévenu qu’elle serait « très vigilante sur le maintien des emplois ».

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  • Les organisations patronales globalement satisfaites des mesures

Le Medef « salue les choix du plan de relance, notamment celui de privilégier la transformation de l’économie et les secteurs d’avenir » mais estime que le plan « présente deux risques auxquels il faudra veiller ». Il note ainsi que « la mobilisation de l’enveloppe doit être très rapide pour faire repartir la croissance de notre économie », et que « certains secteurs particulièrement touchés ne sont pas encore dans la phase de relance. Pour eux, il est indispensable de prolonger les mesures d’urgence adoptées au printemps qui évitent la défaillance des nombreuses entreprises de ces secteurs ».

« Tout l’enjeu du plan ce sera sa méthode d’exécution. Les moyens sont là, c’est dans la mise en œuvre qu’on verra si les résultats sont là », a déclaré de son côté François Asselin, président de la CPME. « La baisse des impôts de production, ciblée sur la fiscalité locale, concernera l’ensemble des TPE-PME. Cette avancée majeure contribuera au renforcement de la compétitivité des entreprises françaises. L’effort financier visant à soutenir la relocalisation de la production industrielle est également à saluer », se réjouit la confédération.

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Le Monde avec AFP

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