Plan de relance européen : Macron met la pression, nouveau rendez-vous ce dimanche – Le Parisien

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Malgré l’urgence de la crise, les négociations bloquaient toujours ce samedi à Bruxelles sur le plan de relance post-Covid-19. Dans l’attente d’un dîner de la « dernière chance » entre les 27 chefs d’Etat ou de gouvernement au siège de l’Union européenne (UE), le président belge du Conseil européen Charles Michel, hôte du sommet, avait pourtant concocté une ultime proposition de compromis. Mais deux cactus empêchaient l’accord : l’ampleur et la gouvernance du plan.

D’abord, la taille du plan de relance. Ce dernier, finalisé par la Commission à partir du fameux plan franco-allemand du 18 mai, prévoit une enveloppe globale de 750 milliards d’euros, dont 500 milliards de subventions non remboursables et 250 milliards de prêts classiques. Le tout étant financé par un emprunt européen mutuel, une première dans l’histoire de l’UE. Or ces 750 milliards paraissent démesurés aux yeux des quatre pays dits « frugaux », Pays-Bas, Autriche, Danemark et Suède, menés par le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, un « dur » à la Thatcher, selon un diplomate. En outre, ces pays riches à la stricte orthodoxie budgétaire préfèrent les prêts aux dons. « Ce matin encore, l’un d’eux voulait réduire la partie subventions à… 160 milliards », s’émeut un membre de la délégation française.

Merkel et Macron « parfaitement alignés »

Pour Paris et Berlin, cette enveloppe destinée à alimenter les plans nationaux de relance des Etats membres à la suite de la crise de Covid-19 constitue une ligne rouge. En marge des séances plénières, Angela Merkel et Emmanuel Macron, « parfaitement alignés », selon un conseiller élyséen, ont tenu ensemble, dans le vaste bureau de la délégation allemande, réunion sur réunion avec les dirigeants récalcitrants − suédois, autrichien, polonais… Et ils ont eu des concertations sans relâche avec Charles Michel et Ursula von Der Leyen, présidente de la Commission.

Charles Michel a proposé une nouvelle mouture du plan : moins de subventions et davantage de prêts. Mais les sommes attendues par la France ou l’Italie (respectivement 35 et 60 milliards) ne bougeraient pas, voire augmenteraient légèrement. Pour amadouer les « frugaux » (ou « radins »), la présidence de l’UE propose d’augmenter de 100 millions d’euros leur rabais annuel. Tous quatre se partagent chaque année une ristourne de 3 milliards d’euros au motif qu’ils donnent plus au budget communautaire qu’ils n’en reçoivent.

Un « mécanisme d’alarme » plutôt qu’un veto

Deuxième obstacle, la gouvernance du plan. Mark Rutte, l’œil rivé sur l’Italie et autres pays « cigales » du Sud, gaspilleurs selon lui des deniers publics, exige un droit de veto de chaque Etat sur le plan de relance de tout autre Etat. Opposés à ce système politiquement inacceptable pour les intéressés et contraire à l’esprit de solidarité, Merkel et Macron seraient prêts néanmoins à un compromis : « pas de veto, mais un mécanisme d’alarme, avec intervention des instances européennes à la clé, si on constate que tel ou tel pays fait une mauvaise utilisation des fonds versés », explique un conseiller.

« Nous sommes à l’heure de vérité », a lancé Macron aux « frugaux ». Soit ils acceptent le maintien de subventions à un niveau élevé… soit on arrête le sommet. Avant le dîner, il a averti son équipe de se tenir prête à rejoindre l’avion présidentiel, paré au décollage. Peu avant minuit, un ultime rendez-vous a toutefois été calé pour dimanche midi, avec l’espoir de discussions plus productives.

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