Plan de déconfinement: l’opposition réclame au moins 24h avant de voter le texte – BFMTV

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Retour à l’école, distanciation dans les transports, réouverture des commerces… Mardi à 15 heures, Edouard Philippe présentera “la stratégie nationale de déconfinement”, élaborée par Jean Castex depuis le début du mois. Il ne s’agit ni plus ni moins que de la ligne directrice que devront suivre au quotidien tous les Français à partir du 11 mai. Pour un texte avec un tel enjeu, le gouvernement a choisi de faire voter le texte à l’Assemblée nationale, immédiatement après sa présentation dans l’après-midi. De quoi faire grincer des dents du côté de l’opposition, mais aussi dans les rangs de la majorité.

“Méthode insupportable”

Ce dimanche, le chef de file des députés La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a dénoncé “l’imposture” et “la méthode insupportable” du gouvernement qui ne laisse “aucun temps d’examen critique” du plan de déconfinement.

“Edouard Philippe va arriver mardi devant l’Assemblée nationale, va nous réciter son discours, nous dire quelles seront les mesures et ensuite séance tenante, sans aucun temps de réflexion ni d’examen critique, nous devrons voter pour ou contre. C’est une méthode insupportable”, s’est-il insurgé sur France 3. “Ça a l’air d’être de la démocratie, c’est seulement de la brutalité”, a-t-il estimé, qualifiant “d’imposture” et de “simulacre” le procédé.

A notre antenne, Yannick Jadot a également regretté que le gouvernement n’ait pas davantage gérer “collectivement” la crise du coronavirus en France. “L’Assemblée nationale n’est pas très bien traitée depuis quelques semaines. Tout ça n’est pas très sérieux dans une démocratie”, a affirmé le dirigeant écologiste sur le plateau de BFMTV. 

Les Républicains réclament un report du vote

Le député (LR) Eric Woerth, président de la commission des Finances, et le chef de file des députés LR Damien Abad sont allés plus loin en demandant dans la matinée de reporter le vote, afin de laisser “un temps de réflexion” aux parlementaires.

“Ce que je souhaiterais, c’est qu’on ne vote pas juste après le discours du Premier ministre”, programmé mardi à 15 heures, a déploré Eric Woerth lors de l’émission Questions politiques (France inter/Le Monde/FranceTV). 

“C’est un sujet extrêmement grave, extrêmement sérieux. Il faut peut-être laisser 24 ou 48 heures aux parlementaires pour avoir un temps de réflexion et émettre un vote solide”, a-t-il insisté, y voyant un “bon moyen de concilier urgence et vie démocratique”.

Il rejoint en ce sens le patron des Républicains Christian Jacob qui a souhaité dimanche qu’il y ait “un vrai débat au Parlement, digne de ce nom” avec au préalable “un vrai travail en commission”. “On ne va pas juste voter sur un discours”, a insisté le député de Seine-et-Marne, lors du Grand Jury (LCI/RTL/Le Figaro)

Une concomitance “troublante” avec le débat sur l’application “Stop Covid”

D’autant que ce vote crucial intervient en même temps que le débat sur l’application de traçage “Stop Covid”. Même au sein des marcheurs, ce choix de calendrier fait tiquer. La concomitance des deux débats est jugée “troublante” par la députée LREM Martine Wonner, qui a écrit en ce sens au président de l’Assemblée Richard Ferrand.

“Comment le législateur peut-il se prononcer en sérénité sur un plan de déconfinement -fondamental pour les mois à venir- alors qu’il ne le découvrira que quelques minutes avant le vote?”, interroge l’élue alsacienne, en réclamant que le vote sur le plan de déconfinement soit repoussé plus tard dans la semaine.

Selon un sondage Ifop pour le Journal du dimanche paru ce jour, seulement 39% des Français font confiance à l’exécutif pour faire face efficacement au coronavirus.

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