Pékin prépare une offensive antitrust de grande ampleur contre Google

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Pékin prépare une offensive antitrust de grande ampleur contre Google

La réponse du berger à la bergère ? Alors que les entreprises chinoises – au premier rang desquelles figure bien évidemment Huawei – font actuellement l’objet d’un embargo de la part de Google, Pékin songerait désormais à se lancer dans une grande offensive antitrust à l’encontre du géant américain. La Chine s’apprêterait ainsi à lancer une enquête antitrust contre Google, en se basant sur des allégations selon lesquelles le groupe californien aurait profité de la domination de son système d’exploitation mobile Android pour étouffer la concurrence.

Le coup pourrait être terrible pour Google, qui fait déjà l’objet de différentes enquêtes pour les mêmes motifs en Europe ou encore en Inde. Dans l’Empire du Milieu, l’offensive serait à l’initiative de Huawei, qui a soumis son cas au régulateur chinois. Une décision sur l’opportunité d’ouvrir une enquête officielle pourrait être prise dès le mois d’octobre et pourrait encore aggraver l’état des relations entre la Chine et les Etats-Unis, selon des sources proches du dossier interrogées par l’agence Reuters.

Cette enquête serait également une réponse à l’inscription de différentes firmes chinoises, comme Huawei, ZTE ou ByteDance sur la “liste noire” des Etats-Unis, qui les soupçonnent d’agir contre les intérêts américains. Pour rappel, l’administration Trump a notamment inscrit Huawei sur sa liste noire commerciale, menacé de prendre des mesures similaires à l’encontre de Semiconductor Manufacturing International Corp (SMIC) et ordonné au propriétaire de TikTok, ByteDance, de se défaire de son application à succès sur le territoire américain.

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Pékin serre la vis

Elle intervient en outre au moment même où la Chine entreprend une refonte majeure de ses lois antitrust avec des propositions d’amendements comprenant une augmentation spectaculaire des amendes maximales et des critères élargis pour juger du contrôle d’une entreprise sur un marché. L’enquête pourrait porter sur les accusations selon lesquelles la position de Google sur le marché pourrait causer des « dommages extrêmes » à des entreprises chinoises comme Huawei.

Le cas de la firme de Shenzhen se trouve en effet au cœur de toutes les tensions. Le géant chinois ne peut ainsi plus embarquer les applications Google depuis l’exemption de la licence temporaire dont elle disposait, en août dernier. Conséquence de cet embargo : Huawei a déclaré avoir manqué de 12 milliards de dollars son objectif de revenus pour 2019, ce que les responsables de la société ont attribué aux mesures prises par les Etats-Unis à son encontre.

Pour dépasser cet embargo, Huawei envisage désormais d’introduire son propre système d’exploitation maison “Harmony” dans ses futurs smartphones à sortir l’année prochaine. Pour rappel, l’inscription sur la “liste noire” américaine interdit à Google de fournir une assistance technique aux nouveaux modèles de téléphones Huawei et d’accéder à Google Mobile Services, l’ensemble des services aux développeurs sur lequel reposent la plupart des applications Android.

Google également attaqué aux Etats-Unis

Mais Google n’est pas au bout de ses peines. La firme de Mountain View, accusée d’abus de position dominante, pourrait ainsi être de nouveau attaquée en justice dans son fief même des Etats-Unis, et cela dès la semaine prochaine. Le ministère de la Justice américain presse actuellement les procureurs généraux des Etats-Unis de s’engager dans cette poursuite, selon des informations rapportées par Reuters.

Il est reproché au groupe de désavantager des rivaux tels que Bing de Microsoft en les privant des données sur les utilisateurs et leurs préférences, nécessaires pour le business de la publicité. Ce procès serait un nouveau coup dur après l’enquête antitrust initiée l’an passé contre Google, Facebook, Amazon et Apple.

Le ministère de la Justice a également enquêté sur les publicités du moteur de recherche, les annonces associées aux requêtes sur les biens de consommation. Google a nié à plusieurs reprises être responsable de ces actes répréhensibles. La société américaine déclare que les utilisateurs ont accès à d’autres sources d’information et, sur le plan publicitaire, affirme être en concurrence avec un large éventail d’entreprises, dont Oracle et Verizon.

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