Pegasus: l’Anssi confirme plusieurs infections

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Pegasus: l’Anssi confirme plusieurs infections

« Si les faits sont avérés, c’est extrêmement grave » : suite aux révélations sur l’espionnage de journalistes, de ministres et d’un téléphone du président, le gouvernement opte pour une ligne prudente et préfère attendre les conclusions de l’enquête ouverte par la justice. Mais comme le révèle le Monde, les premiers éléments analysés par l’Anssi confirment que les téléphones de plusieurs journalistes ont effectivement été visés et infectés par le logiciel malveillant Pegasus, commercialisé par la société NSO Group.

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L’Anssi parvient aux mêmes conclusions

L’enquête a été confiée à la section J3 du parquet de Paris, qui peut compter sur une cellule dédiée au sein de l’Anssi pour mener ses investigations. Selon le Monde, les experts de l’agence ont commencé à analyser les téléphones de plusieurs journalistes associés à la plainte déposée notamment par Mediapart. Les analystes de l’Anssi se sont appuyés sur la méthodologie présentée par le Security Lab d’Amnesty International pour étudier les téléphones de plusieurs journalistes et sont parvenus aux mêmes conclusions que l’ONG : les téléphones d’Edwy Plenel et Lenaïg Bredoux, journalistes chez Mediapart, ont été infectés par le logiciel espion Pegasus, et le téléphone d’un journaliste de France 24 a également été visé à plusieurs reprises par le logiciel espion.

Cette confirmation vient donner du poids aux conclusions des équipes du Security Lab d’Amnesty International, mais l’enquête ouverte par le parquet de Paris se confirme. Sur le Monde, un autre article publié plus tôt dans la semaine donne des éléments techniques supplémentaires sur la méthode ayant permis aux analystes d’identifier l’infection par le logiciel Pegasus sur les différents téléphones analysés. Un article qui montre également la façon dont les analyses ont permis de faire le lien avec l’action des services de renseignement marocains, clients de NSO Group et de son produit Pegasus.

61 millions de dollars pour s’offrir un incident diplomatique

Le gouvernement reste néanmoins discret sur la question des téléphones appartenant à Emmanuel Macron et à plusieurs membres du gouvernement : le Monde avait en effet affirmé que les numéros de téléphone du président et de plusieurs ministres se trouvaient dans la liste des numéros visés par différents clients du logiciel espion. Pour l’instant, le gouvernement n’a pas répondu aux questions des journalistes, qui n’ont pas pu analyser les téléphones des représentants de l’état soupçonnés d’avoir été visés par le logiciel malveillant.

NSO Group et le Maroc continuent de leur côté de nier en bloc les accusations des journalistes du Forbidden Project. L’affaire montre la façon dont de nombreux gouvernements s’appuient sur des acteurs privés pour se fournir en équipements de surveillance ciblée puissants à un prix modeste. Le Mexique, étalement client de NSO Group, a ainsi confirmé auprès d’Associated Press avoir acquis le logiciel Pegasus pour un coût total de 61 millions de dollars.

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