Patrick Trémeau, qui a purgé une peine de 20 ans de prison pour 18 viols, agressé à Saint-Denis – BFMTV

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Patrick Trémeau, accueilli depuis la mi-juillet dans un centre d’hébergement de Saint-Denis, au nord de Paris, a été agressé dans son logement dans la nuit de vendredi à ce samedi par des individus se faisant passer pour des policiers. Cet homme, condamné pour 18 viols et tentatives, a été admis à l’hôpital.

La solution d’hébergement a d’abord suscité une controverse à Saint-Denis, au nord de Paris, et menace à présent de basculer dans le lynchage. Patrick Trémeau, 57 ans, surnommé le “violeur des parkings”, en raison des 18 viols et tentatives qu’il a commis des années 1980 à 2000, un intervalle entrecoupé de plusieurs arrestations et incarcérations, a été agressé dans la nuit de vendredi à ce samedi. Les faits ont eu lieu dans le centre d’hébergement qui l’accueille sur le territoire de la sous-préfecture de Seine-Saint-Denis.

Plusieurs personnes sont parvenues à s’introduire sur les coups d’1h15 du matin dans le logement où il réside en se faisant passer pour des policiers. Patrick Trémeau a alors sauté du premier étage puis a été poursuivi dans la rue où il a été roué de coups.

“Selon les premiers éléments de l’enquête confiée au Service Départemental de Police Judiciaire de Seine Saint Denis, l’individu (Patrick Trémeau, NDLR) aurait été agressé par trois individus se faisant passer pour des policiers, lesquels auraient pénétré dans sa chambre après en avoir brisé la porte. M. Trémeau aurait sauté par la fenêtre pour échapper à ses agresseurs puis aurait été rejoint sur la voie publique par ceux-ci, lesquels l’auraient violemment frappé”, a ainsi confirmé le communiqué du parquet de Bobigny samedi en début d’après-mdi.

Patrick Trémeau ensuite été admis à l’hôpital, où il se trouve encore ce samedi, “sans que ses jours ne paraissent en danger”, a encore noté le communiqué du parquet de Bobigny. Celui-ci déclare enfin que “l’enquête est en cours aux fins de préciser les circonstances de ces faits et d’en interpeller les auteurs”.

Le juge d’application des peines doit statuer

Un juge d’application des peines doit maintenant décider si la présence de Patrick Trémeau à Saint-Denis est maintenue ou s’il doit être hébergé ailleurs. Après sa libération en juin dernier, une précédente installation à Coulommiers en Seine-et-Marne avait déjà tourné court. Il était arrivé à Saint-Denis mi-juillet. C’est l’Arapej (Association réflexion action prison et justice) qui veille à sa réinsertion et lui a trouvé cette solution d’hébergement.

Multirécidiviste, Patrick Trémeau a été condamné pour la dernière fois en 2009 à 20 ans de détention, dont dix de sûreté. Ce délai incompressible étant échu, il a pu quitter la prison de Melun au printemps à la faveur des remises de peine. Il reste toutefois astreint au port d’un bracelet électronique, et sa surveillance est assurée conjointement par la police locale et une unité dédiée, le SPIP (pour Service pénitentiaire d’insertion et de probation).

Mais son profil et son passif inquiètent les riverains dionysiens, au point que l’affaire a pris un tour politique dans la semaine. Le maire PS de la commune Mathieu Hanotin dit avoir appris la présence de Patrick Trémeau à Saint-Denis lundi soir et avoir envoyé dans la foulée un courrier au ministre de la Justice afin de trouver une “solution alternative à son installation à Saint-Denis”, comme il l’a expliqué sur Twitter.

L’ancien avocat de Patrick Trémeau, le ténor du barreau et ex-président de la Ligue française pour la défense des droits de l’Homme, Henri Leclerc, s’est ému du caractère délétère de la situation de celui qui fut son client, mercredi auprès du Parisien: “Cette décision, elle a été rendue après de longs mois et cet homme a le droit de se réinsérer. Ou bien la loi doit-elle prévoir une peine perpétuelle automatique et définitive?”

Le maire de Saint-Denis dénonce l’agression et précise sa position

Ce samedi à la mi-journée, Mathieu Hanotin a d’ailleurs tenu à réagir à la nouvelle de l’agression de Patrick Trémeau sur les réseaux sociaux, une réaction qui résonne comme une réponse à maître Henri Leclerc. “Ces méthodes de chasse à l’homme sont scandaleuses et n’ont pas leur place dans notre démocratie”, lance-t-il avant de rappeler que “personne ne doit se substituer à la justice”. Il précise plus tard sa position:

“J’ai indiqué à plusieurs reprises que je considérais que cet homme avait parfaitement le droit d’être réinséré dans la société. Qu’il me semblait simplement que Saint-Denis n’était pas la ville la mieux adaptée (…) au regard de son environnement urbain dense, du manque d’effectifs de policiers nationaux et de sa proximité avec Paris, commune où il est interdit de séjour.”

Une manifestation était par ailleurs prévue ce samedi après-midi à 14 heures devant le centre d’hébergement. Une source au tribunal de Bobigny, consultée par BFMTV, se dit très inquiète de cette atmosphère “d’appel au lynchage”.

Cécile Ollivier, avec Robin Verner

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