Passe sanitaire : les députés votent la mesure controversée, nuit d’âpres débats à l’Assemblée – Le Monde

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Déjà partiellement en vigueur depuis mercredi, les députés ont voté dans la nuit de jeudi 22 à vendredi 23 juillet le controversé passe sanitaire, l’une des mesures phares du nouveau projet de loi anti-Covid dont l’examen joue les prolongations.

Les députés ont adopté par 132 voix contre 106, peu avant 0 h 40, l’article 1 du projet de loi gestion de la crise sanitaire qui étend le champ d’application de cet outil présenté par le gouvernement comme la meilleure arme face au rebond de l’épidémie du Covid-19.

Avec moins de 400 amendements encore à examiner, le vote sur le nouveau projet de loi anti-Covid ne devrait intervenir qu’au bout de la nuit, sauf accident.

Les passes d’armes entre le gouvernement et les oppositions se sont poursuivies pendant toute la soirée de jeudi avec comme point d’orgue une disposition de ce neuvième texte « Covid-19 » depuis mars 2020, ouvrant la voie à un licenciement pour des travailleurs d’établissement recevant du public qui refuseraient d’obtenir un passe sanitaire (parcours vaccinal complet ou test récent).

Un amendement du gouvernement avec l’objectif affiché d’adoucir cette disposition-polémique n’a pas convaincu gauche et droite qui ont dénoncé une « brutalité » voire une « monstruosité ». « L’esprit n’est pas de renvoyer les gens mais d’encourager à la vaccination », a justifié le ministre de la santé Olivier Véran.

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« Il y a une urgence à légiférer »

Contre l’avis de l’exécutif et dans un scrutin serré, les députés se sont opposés dans l’après-midi au passe sanitaire pour l’ensemble des patients et visiteurs dans les hôpitaux et maisons de retraite.

Le groupe socialiste a également fait adopter peu avant minuit un amendement supprimant la peine sanctionnant l’utilisation frauduleuse du passe sanitaire de cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.

Très pressé, le gouvernement veut faire adopter le passe sanitaire encore élargi et la vaccination obligatoire pour certaines professions d’ici à la fin du week-end après quatre jours de débat parlementaire. « Il y a une urgence à légiférer », a déclaré Olivier Véran.

Mais dans un hémicycle où malgré l’heure tardive les bancs sont restés garnis, les discussions patinent. A l’inflexibilité du gouvernement, le regard fixé sur les courbes des contaminations, répond la pugnacité des oppositions qui défendent pied à pied leurs amendements.

La majorité fait bloc mais des petites musiques dissonantes se font entendre comme celles des « marcheurs » Pacôme Rupin ou Stella Dupont. « On a besoin de souplesse dans ce texte », a avancé la députée La République en marche.

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« Cohérence »

Si l’obligation vaccinale étendue aux soignants, sapeurs-pompiers ou encore professionnels auprès des personnes âgées fait à peu près consensus, ce n’est pas le cas de l’extension du passe sanitaire, prévue pour début août dans les cafés-restaurants, objet de vives critiques de la gauche à l’extrême droite.

« Nous avons deux choix : réussir le passe, vite, très vite (…) ou nous exposer au risque de devoir reconfiner notre pays », a justifié M. Véran devant la commission des lois du Sénat.

Devant les sénateurs, Jean-François Delfraissy, le président du conseil scientifique, a dit craindre « une situation complexe, très complexe » à l’hôpital fin août.

« Les chiffres d’aujourd’hui ne sont pas bons », a souligné M. Véran. Près de 22 000 cas ont été recensés en vingt-quatre heures, selon les chiffres de Santé publique France publiés jeudi soir, au plus haut depuis le 5 mai.

En Martinique où la population est très peu vaccinée, les autorités sanitaires redoutent une « déferlante » dans les hôpitaux. Pour la Guadeloupe où la situation est très dégradée, l’Assemblée a voté un amendement gouvernemental visant à réinstaurer l’état d’urgence sanitaire. Celui-ci devrait être mis en œuvre par décret d’ici la promulgation de la loi.

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Masque obligatoire en extérieur dans certaines communes

De nouvelles mesures comme le retour au masque obligatoire en extérieur ont été prises pour des communes du Var, de Meurthe-et-Moselle, de l’Hérault et de Vendée. Dans les Pyrénées-Orientales, le port du masque sera même obligatoire à partir de samedi dans les lieux assujettis à un passe sanitaire.

Le taux d’incidence progresse surtout chez les 12-17 ans et les 18-29 ans, deux tranches d’âge où le nombre de vaccinés reste très faible. L’exécutif prévoit des campagnes de vaccination spécifiques pour les jeunes, notamment dans les établissements scolaires à la rentrée.

« Le vaccin, on en débat, le passe, on n’en veut pas », était le mot d’ordre d’une manifestation de 200 personnes jeudi à Paris devant le Sénat, à l’appel de François Asselineau (UPR). Des journalistes de BFM-TV ont été pris à partie par des manifestants et la chaîne d’information en continu a indiqué qu’elle allait porter plainte.

Une nouvelle manifestation contre le passe sanitaire est prévue samedi à Paris, place du Trocadéro.

Le Monde avec AFP

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