Passe sanitaire et vaccination : face à la résurgence du Covid-19, Emmanuel Macron fait le pari de l’intransigeance – Le Monde

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Emmanuel Macron à l’Elysée le 13 juillet 2021.

De Tokyo 2020 à Paris 2024, la flamme olympique a changé de mains, dimanche 8 août. « Nous sommes prêts ! », a assuré Emmanuel Macron sur les réseaux sociaux en prévision de ce rendez-vous qui placera la capitale française au centre de l’attention mondiale. Mais cet horizon joyeux paraît encore lointain tant l’épidémie de Covid-19 bouche les perspectives. Les Français devront encore cohabiter avec le virus « tout au long de cette année 2021 et sans doute pour plusieurs mois de l’année 2022 », a reconnu le président de la République lors de sa dernière allocution, le 12 juillet. La gestion de cette crise devrait déterminer en grande partie son éventuelle réélection. Dans ce calendrier, l’été 2021 représente un moment charnière. D’abord chef de guerre, puis président épidémiologiste, ou pédagogue, le locataire de l’Elysée prend aujourd’hui le pari de cliver à propos de la vaccination. « Le seul chemin vers le retour à la vie normale », estime-t-il.

L’extension du passe sanitaire, imposé depuis lundi dans les bars et restaurants, les TGV et les avions, en plus des cinémas, théâtres ou musées, participe de cette stratégie. Elle « devrait nous permettre de gagner peut-être 10 millions de Français vaccinés », a prédit le ministre de la santé, Olivier Véran, dimanche, dans Le Parisien. « Le passe et la progression de la vaccination devraient nous éviter d’autres couvre-feux et confinements », a ajouté M. Véran. Pour l’heure, un peu plus de 44 millions de personnes ont reçu au moins une dose de vaccin – l’exécutif vise le chiffre de 50 millions à la fin du mois d’août. Ce qui ne va pas sans heurts.

Pour son quatrième week-end de mobilisation consécutif, le mouvement contre le passe sanitaire a gagné en ampleur. 237 000 personnes ont défilé, samedi 7 août, sur l’ensemble du territoire, selon le ministère de l’intérieur. Ils n’étaient que 114 000, trois semaines plus tôt. Leur mot d’ordre : la « liberté » face à la « dictature sanitaire ». En contrepoint de cette fronde estivale – soutenue par 35 à 40 % des Français, selon différents instituts de sondages –, le gouvernement se veut le porte-voix des citoyens « raisonnables ». 76 % des sympathisants macronistes sont hostiles au mouvement, affirme une enquête Elabe, tout comme 61 % de ceux du Parti socialiste et 62 % du parti Les Républicains. Trois électorats clés pour le chef de l’Etat en vue de l’élection présidentielle de 2022.

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