Parrot veut équiper la police et les pompiers

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Parrot veut équiper la police et les pompiers

Parrot a présenté hier son nouveau drone professionnel ANAFI USA, conçu pour assister les forces de police, les pompiers et les services de secours. Fabriqué aux Etats-Unis et commercialisé à compter du mois d’août, il s’inspire largement du modèle de drone de reconnaissance rapprochée proposé à l’entité Defense Innovation Unit (DIU) de l’Armée américaine, présentant « les mêmes spécifications haut de gamme en matière de sécurité, de robustesse et d’imagerie », annonce le groupe.

Une pierre deux coups donc, pour Parrot, qui espère séduire de nouveaux clients commerciaux d’une part, et le monde militaire outre-Atlantique. « Notre produit a été initialement conçu pour un usage commercial, mais il est maintenant compatible avec un usage militaire », explique Henri Seydoux, PDG de Parrot.

Lors d’une démonstration live, ce dernier évoque les avantages de ce nouveau produit pour les premiers secours qui, avec la solution de modélisation compatible Pix4Dreact, peuvent notamment se doter d’une modélisation 2D de leur champ d’intervention sur un ordinateur portable.

Toutefois, ce produit ne tombera pas tout de suite dans l’escarcelle de l’armée ou de la police française. « Leur usage des drones est encore très récent. C’est un nouveau segment qui vient de démarrer. Il y a beaucoup d’utilisateurs dans la police et l’armée, mais pas encore d’adoption réelle à l’échelle nationale. Cela devrait être le cas l’année prochaine », estime Henri Seydoux. Surtout que le Conseil d’Etat a encore très récemment interdit l’utilisation de drones par la préfecture de police de Paris, suite au recours en référé déposé par la Quadrature du Net et la Ligue des Droits de l’Homme.

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Parrot ne badine pas avec la sécurité

Parrot place la sécurité au premier plan des arguments de vente. Les photos et vidéos produites par le drone sont cryptées sur la carte mémoire du drone, grâce à un algorithme AES-XTS doté d’une clé 512 bits. Le dispositif de chiffrement Secure Digital (SD) d’ANAFI USA interdit la lecture des données de la carte mémoire, même si elle est perdue ou volée. Une fois chiffrées, ces données ne peuvent être lues qu’avec la clé de déchiffrement, explique le PDG. « Si un drone est abattu ou tombe dans le camp ennemi, il est impossible de lire les données qu’il transporte. La communication entre le drone et le contrôleur est également chiffrée. »

ANAFI USA dispose également d’une connexion Wi-Fi sécurisée WPA2. Ce protocole permet le chiffrement de l’authentification de la connexion entre le drone et son contrôleur. Le groupe assure par ailleurs que la signature électronique des microgiciels Parrot protège le drone contre toute modification de son système d’exploitation.

ANAFI USA s’inscrit dans un écosystème d’applications professionnelles, « toujours plus large chaque année », annonce Henry Seydoux.

En outre, les fonctions de chiffrement et de protection de la vie privée d’ANAFI USA sont conformes au Règlement général sur la protection des données (RGPD), garantissant ainsi « le plus haut niveau en matière de protection de la vie privée et de sécurité pour les missions sensibles », précise la société. Par défaut, aucune donnée n’est disséminée sans action volontaire de l’utilisateur. S’il active cette option, les données de vol du pilote d’ANAFI USA seront stockées sur un serveur sécurisé, en Europe – en plus de la copie locale sur le drone, assure le groupe.

Concurrence chinoise attaquée

Lors de sa présentation, le groupe tricolore spécialisé dans les drones a ouvertement critiqué son concurrent et leader du marché, le Chinois DJI, accusé de ne pas suffisamment protéger les données de ses utilisateurs. « Les études sur les logiciels de DJI sont très limitées », accuse Henri Seydoux, complétant son argumentation d’un exemple concret.

« La dernière évaluation des risques sur les drones DJI a été réalisée par Booz Allen Hamilton en mars 2020 pour le compte de PrecisionHawk. Cette étude a conclu qu’il n’y a pas de fuite de données avec les drones DJI. Or, cette étude n’a été rendue publique que le 9 juin. Pourquoi ? Le 12 mai, la société River Loop Security, spécialisée dans la cybersécurité de l’IoT, a signalé une fuite de données importante à MobTech, une plateforme chinoise de renseignement sur les données. Avec la version 4.3.26 de DJI GO, DJI a silencieusement supprimé l’utilisation de MobTech repérée par River Loop Security. Booz Allen Hamilton rapporte au début de l’étude qu’ils ont effectué des “tests limités” et “une garde de données très difficile à vérifier lors de l’utilisation de services basés sur le cloud”. Comment une étude réalisée en mars peut-elle affirmer le 9 juin qu’il n’y a pas de fuites de données dans le logiciel de la DJI alors que la DJI a supprimé certaines d’entre elles le 12 mai ? C’est le signe, comme le dit à juste titre Booz Allen Hamilton, que leur étude n’est basée sur sur des “tests limités” », évoque le président de Parrot devant la presse.

Il soutient que l’ensemble du contenu stratégique chez Parrot provient de partenaires américains, européens ou japonais, tout ce qui concerne notamment le CPU, les capteurs ou les logiciels. « La technologie n’est ni bonne ni mauvaise en soi, mais elle doit être utilisée de façon éthique », défend Henri Seydoux.

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