Paris : de violents heurts en marge de la manifestation des soignants – Le Parisien

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Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées ce mardi à la mi-journée devant le ministère de la Santé à Paris. Elles réclament davantage de moyens en faveur de l’hôpital public et plus largement de l’ensemble du système de santé.

De nombreux infirmiers, aides-soignants, médecins, brancardiers, aides à domicile, mais aussi quelques Gilets jaunes, se sont retrouvés derrière une banderole « Il est urgent d’agir ». Des pancartes « Hôpital asphyxié/I can’t breathe » (« Je ne peux pas respirer »), en référence au mouvement « Black lives matter », mais aussi « Ségur = imposture », pour dénoncer les concertations en cours sur les salaires et l’organisation du système de santé, ont été brandies.

« C’est inadmissible ce qui se passe aujourd’hui »

En marge de cette manifestation, des incidents se sont produits entre les forces de l’ordre et quelques centaines de manifestants habillés en noirs, présentés comme un « pré-cortège agressif » par la préfecture de police. Une voiture a notamment été retournée et un bus a été la cible de jets de projectiles. Les policiers ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène.

Tandis que le cortège arrivait sur l’esplanade des Invalides, les heurts entre les forces de l’ordre et ces manifestants se sont poursuivis. Dans une ambiance chaotique, les CRS ont lancé plusieurs charges. Vers 17 heures, au moins 24 personnes avaient été interpellées, a annoncé la préfecture de police sur Twitter.

Chez les soignants et les leaders syndicaux, cette situation a suscité la consternation. « On est là pour nos salaires, pour la sauvegarde de l’hôpital public et on se retrouve avec certains manifestants qui insultent la police », déplore Hélène, infirmière depuis 15 ans en Seine-et-Marne, quand elle entend scander « tout le monde déteste la police ». « On va s’éloigner des messages principaux. Or il faut sauver l’hôpital public qui ne doit pas devenir une entreprise… »

« C’est inadmissible ce qui se passe aujourd’hui », lâche une autre soignante, regrettant la tournure que prend la manifestation. Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France, a fait part sur BFMTV de son « écoeurement ». « On nous a volé cette manifestation, c’est dégueulasse », a-t-il déploré.

220 manifestations dans tout le pays

Lancé fin mai, le « Ségur de la santé » (du nom d’une des avenues bordant le ministère) doit concrétiser d’ici début juillet le « plan massif d’investissement et de revalorisation » promis par le président de la République, Emmanuel Macron. Une dizaine de syndicats et collectifs de soignants ont cependant appelé à une journée de mobilisation ce mardi avec plus de 220 rassemblements dans toute la France.

Au moins 4000 manifestants ont défilé à Bordeaux et 3 500 à Marseille, selon la police. Ils étaient aussi entre 1 500 et 3 000 à Caen, 1 300 et 3 000 à Rennes, 800 et 1 500 à Orléans. A Nantes, la manifestation a également été marquée par quelques incidents devant la préfecture, la police évoquant des « jets de mortiers » et des « tentatives d’intrusion dans le jardin de la préfecture ».

« La manifestation depuis le CHU jusqu’à la préfecture s’est déroulée plutôt bien dans l’ensemble, avec 5 500 personnes présentes. Mais une vingtaine d’individus cagoulés ont lancé des mortiers dans l’enceinte de la préfecture », selon Johann Mougenot, directeur de cabinet de la préfecture de Loire-Atlantique. « Il y a des membres du cortège qui leur ont demandé d’arrêter de lancer des projectiles sur les forces de l’ordre », a-t-il ajouté. Les forces de l’ordre ont répliqué en faisant usage de gaz lacrymogène et de lance à eau.

« Une négociation, c’est toujours en termes de résultats le produit d’un rapport de force », a expliqué Yves Veyrier, présent dans la manifestation parisienne. Le secrétaire général de Force ouvrière a ajouté qu’« il faut absolument que les réponses soient à la hauteur des attentes » et concernent « l’ensemble des personnels », y compris les non soignants.

À ses côtés, le numéro un de la CGT, Philippe Martinez, a rappelé ses revendications. « On attend une revalorisation des salaires et la reconnaissance des qualifications. On attend l’ouverture de lits, l’embauche de personnels. Et puis ne pas considérer que l’argent qu’on met à l’hôpital c’est une dette. Au contraire, c’est un investissement. »

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