Paris accueille un sommet pour la relance des économies africaines – Le Monde

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Le conseiller d’Etat chinois, Wang Yong, et le président kényan, Uhuru Kenyatta, lors de l’inauguration d’un service de fret, à Nairobi, le 17 décembre 2019.

Un « new deal », en attendant de nouveaux financements. C’est ce qui sera proposé aux pays africains lors d’un sommet organisé à Paris, mardi 18 mai, où sont attendus vingt et un chefs d’Etat du continent, de hauts responsables européens et des représentants d’organisations multilatérales.

Au programme : la relance économique d’un continent qui, en 2020, a connu sa première récession depuis vingt-cinq ans et qui devrait enregistrer une croissance plus faible que les pays développés lors des trois prochaines années. « Nous ne pouvons pas faire avec les recettes d’hier, avait déclaré le président français Emmanuel Macron, fin avril, appelant à un « “new deal” du financement de l’Afrique ».

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« Les finances publiques des Etats africains sont dans une situation critique, explique-t-on à l’Elysée. Les aides d’urgence du FMI [Fonds monétaire international] et de la Banque mondiale ont bien fonctionné, mais il faut aller beaucoup plus loin. » Dans son dernier rapport d’avril, le FMI estime que l’Afrique subsaharienne va avoir besoin de 425 milliards de dollars (350 milliards d’euros) d’ici à 2025 pour sortir de la crise liée à la pandémie de Covid-19. L’Elysée plaide pour « une aide internationale massive de la communauté internationale et des institutions multilatérales ».

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Hormis les aides d’urgence du FMI et de la Banque mondiale, la solidarité internationale n’a pas été au rendez-vous. L’aide publique au développement à destination de l’Afrique subsaharienne a même diminué de 1 % en 2020, selon les chiffres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), publiés en avril. Alors que les gouvernements et les banques centrales des pays riches ont injecté près de 16 000 milliards de dollars dans leurs économies depuis le début de la crise, ils n’ont consacré qu’une petite partie de cette somme pour venir en aide aux Etats les plus pauvres.

Risque de défaut de paiement

Confrontés à une baisse de leurs recettes et à une hausse de leurs dépenses pour faire face à la crise, de nombreux pays africains ont vu le fardeau de leur dette s’alourdir. Le ratio de la dette publique africaine par rapport à son produit intérieur brut devrait augmenter de 10 à 15 points de pourcentage à moyen terme, d’après la Banque africaine de développement, et plusieurs pays risquent désormais le défaut de paiement.

Annoncée par le G20 en avril 2020, l’initiative de suspension de service de la dette a tout juste permis à la moitié des pays à bas revenu de la planète de différer le remboursement de leurs emprunts, pour un montant total de 5 milliards de dollars. Mais le dispositif est critiqué par Paris, car les créanciers privés n’y participent pas. « On ne peut pas demander à nos contribuables d’aider au remboursement des créanciers privés dans les pays pauvres, affirme-t-on l’Elysée. C’est tout à fait injuste. »

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