Paramount+ à l’assaut de la montagne SVOD

 

A fin septembre, Paramount+ revendiquait 46 millions d’abonnés dans le monde, loin derrière les trois leaders du marché Netflix, Prime Video et Disney+ qui cumulent à eux trois près de 600 millions d’abonnés, mais parti bien après ses rivaux. En effet, Paramount+ a été lancé aux Etats-Unis en mars 2021, succédant à CBS All Access qui avait été lancé en 2014 dans le prolongement de la fusion de Viacom et de CBS en 2019.

La France fait suite au lancement du service en Amérique Latine, dans les pays nordiques, en Australie et plus récemment au Royaume-Uni et en Italie, pays dans lequel le studio avait déroulé le « Blue Carpet » aux studios Cinecittà de Rome pour son lancement avec Sylvester Stallone comme ambassadeur. Pour l’instant, personne n’a vu le « Blue Carpet » déroulé sur le sol parisien ni Sly l’arpenterq.

Pour 7,99 euros par mois ou 79,90 par an, avec une période d’essai de 7 jours et 2 connexions simultanées, les abonnés ont accès à la « montagne de divertissement » proposée par le studio qui s’appuie sur ses marques média les plus emblématiques : 

SHOWTIME, BET, CBS, Comedy Central, MTV, Nickelodeon, Paramount Pictures et Smithsonian ChannelTM. A ce titre, Paramount se rapproche de Disney qui regroupe dans son offre SVOD l’ensemble de ses marques, déclinées de ses chaînes de télévision les plus populaires. Paramount a principalement axé sa communication sur son offre de programmes et sur les stars que la plateforme offrait à ses abonnés parmi lesquelles on trouve : Emily Blunt, Jessica Chastain, Viola Davis, Helen Mirren, Harrison Ford, Sylvester Stallon et Tom Cruise. Paramount+ c’est aussi des séries qui ont fait les beaux jours de la télévision et du DVD : Star Trek, South Park, NCIS, Dexter ou Yellowstone pour ne citer qu’elles.  

 

Et pour ne pas faillir à la règle des exclusivités et des programmes français produits spécifiquement pour nous (Le Signal et Le Stade), Paramount a également sorti le grand jeu avec entre autres disponibles au lancement Tulsa King (Sylvester Stallone) ; 1883, le préquel très attendu de Yellowstone et 1923 avec Helen Mirren et Harrison Ford.

Pour aller vite, Paramount + a mis les bouchées doubles sur la distribution en déployant à la fois une stratégie OTT très large (web, applications, Amazon, Roku, FireTV, Samsung, Chromecast, Apple TV et Android TV) et une stratégie de partenariat avec Canal + et Orange qui devraient largement contribuer à accélérer la mise sur orbite du service au cours des premiers mois.

 

Côté navigation et utilisation, le site est assez fonctionnel, offrant d’abord une entrée par marque puis en développant des thématiques autour des séries et des films, en prenant soin de proposer de nombreuses catégories pour éviter de perdre du temps à chercher un film ou une série. Avec un peu moins de 350 films, il n’y a pas de quoi se perdre dans le site pour l’instant. Idem pour certaines marques où la quantité de programmes proposée est faible, Comedy Central ou MTV par exemple. Enfin, autant le parcours d’inscription est relativement simple et rapide, autant le moteur de recherche donne des signes de faiblesse : les développeurs ont encore un peu de travail. 

Côté promotion, Paramount n’a pas hésité à employer les grands moyens avec un plan média ambitieux qui s’appuie sur une campagne TV et digitale qui devrait générer plus de 200 millions de contacts en TV et 11 millions en digital.

  

La vraie question, au-delà de la qualité intrinsèque du catalogue de Paramount et de ses marques, est de savoir si cela suffira à conquérir les centaines de milliers puis les millions d’abonnés indispensables à l’équilibre de l’activité. Paramount+ n’est pas Lionsgate+, mais la bataille s’annonce rude, surtout que le lancement est pris en étau entre l’arrivée de Netflix essentiel avec pub à 5,99 euros et Disney+ Basic à 7,99 euros. Désormais Paramount Global est à la manœuvre sur trois segments de marché en France : les chaînes payantes, la SVOD avec Paramount+, l’AVOD et le FAST avec Pluto TV. De quoi s’interroger sur l’avenir des chaînes payantes qui dans cet environnement D2C risque de perdre de leur intérêt.

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