Panne des numéros d’urgence : L’exécutif s’en remet à l’Anssi

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Panne des numéros d'urgence : L'exécutif s'en remet à l'Anssi

La tragique panne des numéros d’urgence survenue début juin continue à faire des vagues. Le secrétaire d’Etat au Numérique, Cédric O, a présidé ce lundi une réunion interministérielle chargée de rendre un plan d’action après la cascade de dysfonctionnements ayant empêché de nombreux centres d’appels d’urgence du SAMU, des pompiers ou de la Police d’être joignables dans la nuit du 2 au 3 juin dernier.

Alors qu’un rapport de l’Anssi rendu fin juillet mettait en avant la responsabilité d’Orange dans cette défaillance aux conséquences dramatiques (conduisant au décès d’au moins cinq personnes, dont celui d’un enfant de 28 mois en Vendée), le gouvernement a indiqué vouloir mettre en place, dans un délai de 3 à 6 mois, « des mesures de trois types : adapter le cadre légal, contractuel et technique, se préparer à faire face de façon rapide et efficace à ce type de crises et prévenir de nouvelles pannes ».

Dans les faits, l’exécutif entend donc surtout se plier aux recommandations de l’Anssi pour déterminer son plan d’action. « Le gouvernement prend toutes les mesures nécessaires pour mettre en œuvre les recommandations formulées par l’Anssi dans son rapport de juillet 2021 », a ainsi fait savoir Cédric O à la sortie de cette réunion interministérielle. Pour rappel, le gendarme de la cybersécurité appelait dans ce rapport Orange – et tous les opérateurs concurrents – à tirer les leçons qui s’imposent en renforçant leurs structures de gestion de crise et en mettant en place des systèmes de remontée d’alertes spécifiques aux appels d’urgence.

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L’Anssi aux commandes

Au-delà de l’adaptation du cadre légal actuel, le gouvernement entend bien préparer l’écosystème à de futures crises similaires. Pour ce faire, celui-ci suivra les recommandations de l’Anssi, qui appelait dans son rapport à augmenter la résilience du système en mettant par exemple en place des exercices de crise entre l’Etat, les services d’urgence et les opérateurs simulant des pannes majeures des numéros d’urgence.

Le premier de ces exercices aura lieu « d’ici à la fin du premier trimestre 2022 », indiquent les services de Cédric O. Cet exercice associera l’ensemble des acteurs concernés et devra permettre de vérifier l’amélioration de la résilience de l’acheminement des communications d’urgence et de la dimension relative à la gestion de la crise, fait-on savoir au sein du gouvernement. Un point d’étape sera organisé sous l’égide du secrétariat d’Etat au Numérique, d’ici à la fin de l’année, pour analyser l’avancée des travaux portant sur la résilience de notre système d’appels d’urgence.

A noter qu’outre l’Anssi, le gouvernement a également indiqué avoir saisi l’Arcep durant l’été, en laissant au gendarme des télécommunications le soin de vérifier le bon respect par Orange de ses obligations. Il s’agira pour l’Autorité de voir si l’opérateur historique a pris, durant cette crise, « toutes les mesures appropriées pour garantir l’intégrité de ses réseaux, la continuité de ses services et assurer l’alerte des pouvoirs publics en cas de défaillance ».

Sortie de crise ?

L’addition pourrait être salée pour Orange, dont la responsabilité a été clairement pointée du doigt par l’Anssi. Selon le gendarme de la cybersécurité, la responsabilité de la panne des numéros d’urgence survenue début juin est bien à chercher du côté de l’opérateur présidé par Stéphane Richard. Dans son rapport, l’Autorité l’affirmait d’emblée : « la combinaison de l’enchaînement des actions réalisées par Orange et du bug logiciel de l’équipementier suffit à expliquer cette panne ». Et de préciser que l’origine de la panne se trouvait dans la mauvaise exécution d’une opération de maintenance réalisée sur des sites de l’opérateur peu avant la panne.

« Bien qu’on puisse s’attendre à ce qu’Orange dispose de mécanismes de surveillance interne, lui permettant d’avoir une vision plus précise et plus réactive de son réseau, la mise en place d’un dispositif de gestion de crise adapté à l’ampleur de celle-ci a été plus lente que celui de l’Etat », regrettait l’Anssi dans ses conclusions. Tout en relevant que l’opérateur historique « a mis près d’une heure à prendre conscience que la panne touchait en particulier les services d’urgence, deux heures pour en informer les autorités et près de trois heures pour mettre en place un dispositif adapté ».

Après avoir présenté des excuses publiques peu après l’incident, la direction d’Orange s’était engagé à réduire de deux heures à 30 minutes maximum le délai de déclenchement d’une cellule de crise, en cas de perturbation touchant les appels aux services d’urgence et services vitaux au niveau national. L’opérateur propose également de mettre en place un numéro dédié, disponible 24h sur 24h et 7 jours sur 7, pour les parties prenantes (services de l’Etat, CHU, samu, etc.) en cas de dysfonctionnement sur les numéros d’urgence.

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