Oxygène sanguin : il est parfois difficile d’obtenir une mesure fiable

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Apple n’a pas manqué de le clamer sur tous les toits : les mesures fournies par l’app Oxygène sanguin de l’Apple Watch Series 6 ne sont pas destinées à un usage médical. Ces relevés ne visent « que des objectifs de forme et de bien-être général ». Pour être considéré comme un dispositif médical, le capteur et son application devraient passer sous les fourches caudines des autorités de santé, comme la FDA aux États-Unis. Décrocher ces feux verts est d’ailleurs la raison pour laquelle le déploiement de l’app ECG a été si long (d’ailleurs, il se poursuit encore aujourd’hui).

« Le taux d’oxygénation du sang de la majorité des personnes est compris entre 95 et 99 %. Néanmoins, certaines vivent normalement même si celui-ci est inférieur à 95 % », explique Apple. Qu’on se rassure, je ne suis pas mort.

Par contraste, Oxygène sanguin est d’ores et disponible dans une centaine de pays (lire : Apple Watch Series 6 : comment fonctionne la mesure de l’oxygénation sanguine). Si Apple n’a pas cherché à obtenir le blanc-seing des agences de santé, cela ne l’empêche pas d’avoir lancé trois études aux États-Unis pour déterminer de quelle manière les niveaux d’oxygène dans le sang pourraient être utilisés dans de futures applications de santé.

Peut-être qu’Apple finira par obtenir une certification médicale pour ce capteur. Mais encore faut-il qu’il puisse effectivement relever le taux d’oxygénation dans le sang ! Avant de lancer le premier relevé, l’Apple Watch donne de multiples conseils : il faut s’immobiliser, orientez la montre vers le haut, tenir le poignet à plat, ne plus bouger pendant 15 secondes.

Mais il arrive de temps à autre que l’application ne donne aucun résultat. Manifestement, cela arrive à suffisamment d’utilisateurs pour qu’Apple ait fait passer le mot auprès des testeurs américains : « Pour un petit pourcentage d’utilisateurs, des facteurs peuvent engendrer des difficultés pour la mesure d’oxygène dans le sang, comme les mouvements, le placement de la montre sur le poignet, la température de la peau ou la perfusion cutanée ».

Sur la page d’assistance consacrée à la fonction, Apple précise ces facteurs :

  • La perfusion cutanée (ou la quantité de sang qui irrigue votre peau), variant considérablement d’une personne à l’autre et pouvant également être influencée par l’environnement. Lorsque vous êtes exposé au froid, par exemple, la perfusion cutanée au niveau de votre poignet risque d’être trop faible pour que le capteur la détecte.
  • Les altérations permanentes ou temporaires au niveau de votre peau, comme certains tatouages. L’encre, la forme et les couleurs employées sur certains tatouages peuvent ainsi bloquer la diffusion de la lumière au niveau du capteur.
  • Les mouvements, et en particulier certaines postures (lorsque vous laissez vos bras reposer le long de votre corps, ou serrez votre poing).
  • Une fréquence cardiaque trop élevée (supérieure à 150 bpm) lorsque vous êtes au repos.

Obtenir un relevé correct du taux d’oxygène dans le sang est plus facile avec un oxymètre de pouls classique qui réalise sa mesure au bout du doigt, là où circulent beaucoup de vaisseaux sanguins à la surface.

Le suivi du taux d’oxygène sanguin a pourtant beaucoup d’intérêt pour mesurer l’apnée du sommeil ou la détresse respiratoire. Withings avait obtenu en avril une dérogation exceptionnelle de l’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) de mise sur le marché de la ScanWatch pour le suivi à domicile de patients atteints de la COVID-19. Le constructeur français cherche maintenant à décrocher une certification CE médicale, ce qui permettrait à la montre de détecter l’apnée du sommeil.

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