Orange mise toujours sur le satellite

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Orange mise toujours sur le satellite

Qu’on se le dise : Orange est loin d’en avoir fini avec le satellite. Un peu plus d’un an après avoir finalisé un accord avec Eutelsat pour s’adjoindre l’intégralité de la capacité disponible sur le satellite Konnect, l’opérateur historique souhaite continuer à peser sur le marché de l’internet satellitaire. Pour ce faire, l’opérateur présidé par Stéphane Richard vient de faire certifier son téléport historique de Bercenay-en-Othe (Aube) par l’organisation internationale des téléports (WTA).

Bardé de cette certification de niveau 4 – la plus haute possible – ce site historique rejoint le téléport d’Eutelsat à Rambouillet parmi les deux sites certifiés en France et se place ainsi sur la carte de l’internet satellitaire mondial… avec l’objectif de nouer des partenariats d’envergure avec des opérateurs satellitaires ayant besoin d’une interface pour se connecter aux réseaux terrestres. « C’était important pour nous de rappeler que le téléport de Bercenay-en-Othe n’est pas seulement un héritage des très grandes ambitions de la France sur le plan spatial, mais également un outil puissant au service du futur », relève Jean-Luc Vuillemin, le directeur des réseaux et services internationaux d’Orange.

L’enjeu est loin d’être anodin pour Orange, qui souhaite continuer à peser dans ce domaine, avec l’objectif de surfer à moyen et long terme sur ce marché qui renaît actuellement de ses cendres, à la faveur d’un mouvement technologique de fonds. Porté par des acteurs en majorité nord-américains comme Starlink (SpaceX) ou Kuiper (Amazon), le marché de l’internet satellitaire devrait voir ses revenus plus que doubler dans les 10 prochaines années, pour dépasser les 50 milliards de dollars d’ici 2030, avec un taux de croissance annuel de 13 %. Une manne que n’entend certainement pas laisser filer l’état-major d’Orange.

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Un pari stratégique pour Orange

Après son déclin amorcé à la fin des années 80, dans le sillage de la montée en puissance de la connectivité via câbles de fibre optique sous-marins, « on assiste aujourd’hui à un vrai regain d’intérêt pour le satellite, au-delà de ses applications traditionnelles », explique Jean-Luc Vuillemin, interrogé par ZDNet. Finie l’heure de la connectivité, l’heure est désormais à la mobilité pour le satellite, estime ce fin connaisseur du secteur, qui voit entre autres dans l’internet des objets un levier de croissance important pour assurer l’avenir des réseaux satellitaires.

Si les revenus tirés par Orange de l’internet satellitaire sont encore modestes – de l’ordre de quelques centaines de millions d’euros – l’opérateur historique parie encore sur le marché du satellite, perçu en haut lieu comme un levier de croissance stratégique dans les années à venir. « On a souhaité – et ça a été un choix stratégique très fort – rester dans le satellite et renforcer notre crédibilité dans ce domaine parce qu’on croit à l’avenir du satellite », fait valoir le responsable des réseaux internationaux de l’opérateur, qui voit également dans l’internet satellitaire un enjeu de souveraineté pour la France et pour l’Europe.

Alors que les Etats-Unis, le Canada ou la Chine construisent leurs propres constellations de satellites, Orange fait en effet partie d’un consortium réunissant de grands noms de la technologie européenne chargés de remettre un rapport sur le sujet à la Commission européenne. Celui-ci devrait être rendu d’ici à la fin d’année, et pourrait bien contribuer à rendre le pari de l’opérateur sur le marché du satellite gagnant.

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