OnlyFans ambitionne de mettre fin à son image sulfureuse (pour attirer plus d’annonceurs)

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OnlyFans ambitionne de mettre fin à son image sulfureuse (pour attirer plus d'annonceurs)

En 2016, OnlyFans se lançait avec une ambition : permettre à des créateurs de contenus de se faire rémunérer directement par leur “communauté” d’aficionados, moyennant le versement d’un abonnement mensuel. L’idée était de leur permettre de créer un espace “premium” pour diffuser des contenus spécifiques auprès d’utilisateurs abonnés. Un concept payant en temps de crise sanitaire, qui a permis à ce réseau social d’un genre un brin particulier de connaître un grand succès au cours des derniers mois.

Las, si la plateforme britannique revendique aujourd’hui d’être rentable, elle le doit en grande partie au secteur du divertissement pour adulte, un grand nombre de ses créateurs de contenus se faisant rémunérer par leurs “fans” pour diffuser des images dénudées – voire carrément pornographiques. De quoi donner à OnlyFans une image particulièrement sulfureuse, qui ne s’est jamais démentie depuis sa création… et de faire fuir bon nombre d’annonceurs, soucieux de ne pas voir leur image de marque entachée par cette “mauvaise” réputation.

D’où l’idée de lancer un nouveau tour de table pour atteindre une valorisation de plus d’un milliard de dollars, et de se donner ainsi les moyens d’attirer de nouveaux créateurs de contenus au genre plus diversifié, en affichant un visage plus séduisant auprès des annonceurs. Sont notamment visés les créateurs de contenus officiant dans le secteur du bien-être, de la gastronomie, du tourisme ou encore du sport de haut niveau.

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Changer de visage

Comme le rapportait récemment l’agence Bloomberg, la direction de la plateforme serait actuellement en pourparlers avec des partenaires à l’identité tenue secrète pour lever de nouveaux fonds, après avoir enregistré des revenus de plus de 280 millions de livres sterling en 2020 en ponctionnant des commissions de l’ordre de 20 % sur les contenus diffusés – les 80 % restants allant directement dans les poches des créateurs. Rappelons que la plateforme revendique aujourd’hui plus de 120 millions d’utilisateurs payants à environ 1,25 million de comptes, dont l’abonnement mensuel varie de 4,99 à 49,99 dollars.

Et si des célébrités comme la rappeuse Cardi B ou le boxeur Floyd Mayweather y diffusent également des contenus plus “grand public”, cela ne suffit pas changer l’image d’une plateforme souvent vue comme exclusivement dédié au visionnage de contenus érotiques ou pornographiques. Au grand dam de son fondateur, le très secret Tim Stokely, pour qui « il n’a jamais été question de “combler un vide” dans le domaine de la pornographie ».

Interrogé par le média américain Vice, ce dernier expliquait en 2019 « commercialiser la plateforme pour les créateurs et les influenceurs de tous les genres », tout en reconnaissant « avoir des créateurs de contenu qui publient du contenu pour adultes ». « Nous avons constaté une augmentation significative des influenceurs de médias sociaux non-adultes, y compris les modèles de fitness de haut niveau, les YouTubers et les célébrités de la télé-réalité. Les influenceurs viennent sur OnlyFans pour poster leurs vlogs, des séquences en coulisses, des vidéos de conseils et d’astuces, des vidéos de questions-réponses en direct et du contenu exclusif général », voulait-il croire.

Deux ans plus tard, cette ambition est toujours intacte. Reste maintenant à voir si la plateforme saura adapter son modèle économique et sa régulation interne pour accueillir un public plus large et plus diversifié qu’aujourd’hui.

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