« On s’est sentis abandonnés par l’Etat » : Dijon retrouve le calme après des violences inédites – Le Monde

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Des gendarmes assurent la sécurité d’agents municipaux qui nettoient le quartier des Grésilles, à Dijon (Côte d’Or), le 16 juin.

Le calme a fini par revenir aux Grésilles. Mardi 16 juin, les carcasses de poubelles et de voitures calcinées avaient disparu de ce quartier populaire du nord-est de Dijon (Côte-d’Or), les services de la voirie refaisaient le goudron fondu, et les habitants tentaient de reprendre une vie normale après quatre jours de tensions d’une intensité rare. « Ce n’est pas la guerre mais ce sont des événements graves, un peu inédits pour Dijon, et même ailleurs sous cette forme », a réagi le procureur de la République Eric Mathais.

A l’origine des troubles, le passage à tabac devant un bar à chicha du centre-ville, dans la nuit du mardi 9 au mercredi 10 juin, d’un jeune homme d’origine tchétchène, pour un motif encore flou. Relayée sur les réseaux sociaux, « l’histoire de l’agression de mon fils s’est propagée au sein de la communauté tchétchène, a raconté le père du jeune homme au Parisien. Mais alors que nous n’avions rien demandé, plusieurs personnes que nous ne connaissons pas sont venues spontanément à Dijon. Et leur réaction a été trop forte. »

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Leur réaction : trois soirs d’expéditions punitives menées par des membres de la communauté tchétchène « venus de toute la France, mais aussi de Belgique et d’Allemagne », a affirmé au quotidien local Le Bien public un homme disant y avoir participé. Vendredi soir, plusieurs dizaines d’entre eux ont mis à sac le bar où avait eu lieu l’agression initiale, avant de se rendre dans le quartier des Grésilles dans un but, au moins, d’intimidation.

« On s’est sentis abandonnés par l’Etat »

Le lendemain soir, ils étaient de nouveau une cinquantaine aux Grésilles, selon la police. Des négociations ont eu lieu devant une pizzeria entre membres de la communauté tchétchène et résidents du quartier. Elles concernaient l’éventualité pour ces derniers de se rendre à l’hôpital au chevet du jeune homme agressé afin de présenter des excuses. Quelques minutes plus tard, des coups de feu ont été tirés devant l’établissement. Le frère du gérant de la pizzeria a été touché et hospitalisé – ses jours ne sont pas en danger.

Enfin, dimanche, quelque 200 Tchétchènes, parfois armés de barre de fer, ont investi la place centrale des Grésilles en fin d’après-midi. Une vidéo largement diffusée sur Internet montre une voiture arrivant à vive allure et manquant de peu de faucher une partie de la foule, avant de partir en tonneaux puis de s’immobiliser. Son conducteur, un habitant du quartier dont on ignore les intentions, a fini à l’hôpital après avoir été tabassé.

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