VIDÉO – Les deux élèves de l’école primaire Jules-Ferry de Bessens, près de Montauban, blessés jeudi après-midi dans la cour de leur établissement par la chute d’un marronnier de 12 mètres, sont «dans un état stable» mais l’un d’eux «a dû être amputé» de la jambe.

Après le drame vient le temps de l’enquête. La chute de l’arbre qui a grièvement blessé deux élèves dans la cour d’une école du Tarn-et-Garonne jeudi est due à des faiblesses des racines du marronnier centenaire, combinées à des rafales de vent, a indiqué vendredi le procureur de Montauban, Laurent Czernik. «Selon les premières conclusions de l’expert, l’arbre était manifestement en bonne santé. La difficulté vient de son état racinaire», a-t-il affirmé.

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«Une étude de cette partie racinaire montre que la base de l’arbre ne s’est pas développée normalement au moment où il a été planté, a-t-il ajouté, expliquant que les racines «ne se sont pas suffisamment développées latéralement, mais sont restées collées à l’arbre dans un effet de tourbillon». Le système racinaire «avait l’air insuffisant pour assurer sa fonction d’ancrage au sol», a affirmé le procureur. Au moment du drame à Bessens, près de Montauban, «des rafales soufflaient de 50 à 60 km/h, et c’est ce qui a entraîné la chute de l’arbre, mais ce ne sont pas des rafales de vents extrêmement violentes», selon lui.

Jeudi vers 15h30, plusieurs écoliers jouaient autour du marronnier centenaire durant la récréation lorsque cet arbre est tombé sur trois élèves. Une fillette de maternelle a été légèrement blessée tandis qu’il a fallu «près de deux heures aux pompiers pour désincarcérer» deux garçons âgés de 7 et 8, selon la préfecture. Ils étaient ce vendredi «dans un état stable mais restent sous surveillance», a indiqué la même source. «L’un a eu la jambe droite broyée à hauteur du genou» et a dû être amputé, tandis que l’autre «souffre d’une compression thoracique et de la ceinture pelvienne», a précisé le procureur dans la soirée.

Une enquête de flagrance a été ouverte pour «blessures involontaires» et une vingtaine d’enquêteurs sont toujours mobilisés, d’après la même source. Quatorze témoins – tous adultes, membres de la direction de l’école ou du personnel municipal – ont déjà été auditionnés. Le procureur a mandaté un expert forestier près la cour d’appel de Limoges pour «examiner l’arbre de manière à l’évacuer rapidement», même si les vacances scolaires démarrent ce vendredi soir. Le marronnier centenaire faisait 12 mètres de haut et pesait entre deux et trois tonnes. Une datation sera faite dans les jours qui viennent d’après la même source.

«On avait besoin de se rassembler»

Dans le village de Bessens, près de Montauban, l’émotion était toujours vive vendredi. Des parents d’élèves se sont rassemblés dans l’après-midi devant l’établissement, pour apporter leur soutien aux familles des victimes. «J’ai un petit garçon un peu traumatisé, d’autant plus qu’il a appris que son copain a perdu sa jambe. Il l’a entendu ce matin par les médias», explique Emmanuelle, la maman de Raphaël, 7 ans. L’école Jules-Ferry, qui reçoit des écoliers de maternelle et de cycle 1, a été fermée ce vendredi. Les élèves ont été accueillis sur le deuxième site de l’école. À partir de 15h30, des parents sont arrivés sur place, se regroupant spontanément, a constaté un journaliste de l’AFP. «Généralement on ne reste pas devant l’école mais là on avait besoin tous de se rassembler, de parler de ce qui s’est passé», dit Pauline, mère de deux garçons de 5 et 8 ans.

Le plus jeune était sur les lieux au moment où l’arbre s’est écroulé mais «fort heureusement il était de l’autre côté de la cour. L’équipe enseignante a été super, malgré leur choc, ils ont très bien géré nos enfants», ajoute-t-elle. Anaïs, 10 ans, était à la salle des fêtes à l’heure du drame. «Une animatrice est arrivée, elle s’est mise à pleurer. Après, on nous a dit qu’un arbre était tombé. J’ai eu peur que ce soit mon frère en dessous», raconte-t-elle.

La rectrice d’académie de Toulouse, Anne Bisagni-Faure, s’est rendue à Bessens dans la matinée pour apporter son soutien aux équipes présentes. «Aucun signalement particulier» concernant l’école ou son arbre n’avait été inscrit dans le “document unique d’évaluation des risques” de l’établissement et n’était remonté au rectorat, a-t-elle indiqué lors d’un point de presse à Toulouse. Chaque école est soumise à un diagnostic de sécurité, a rappelé le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer sur BFMTV. «Il faut évidemment maintenant qu’on regarde le diagnostic de sécurité (…) qu’on regarde ce qu’il avait dit sur cet arbre», a déclaré le ministre. Une cellule médico-psychologique, forte de 7 à 10 personnes, a été mise en place sur la commune.

«Il n’est pas question d’arrêter notre accompagnement pendant les vacances scolaires» qui débutent vendredi soir, a précisé la rectrice. Chaque personne qui le désirera – enfant, parent, enseignant – pourra prendre contact avec un membre de la cellule médicale durant cette période de congés. «Et cela se poursuivra à la rentrée».

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