On quitte Facebook ?

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Je ferme mon compte Facebook. Ou pas.

Posted by Presse-citron on Monday, September 2, 2019

Je vois régulièrement, émanant de mes relations Facebook, des publications disant qu’elles veulent quitter Facebook et fermer leur compte. Certains de mes amis sont réellement passés à l’acte et l’ont fait. Et du coup, comme il s’agit de personnes que je fréquentais pratiquement exclusivement par ce réseau social, je n’ai plus de nouvelles d’elles, puisqu’elle ont totalement disparu de mon champ de vision. Ce qui au passage amène à réfléchir sur la notion d’ami dans le contexte des réseaux sociaux : nous ne sommes pas fâchés,  juste nous n’existons plus les uns pour les autres.

Et puis il y a les autres, tous les autres, cette masse de centaines de millions de membres de Facebook qui promettent le Grand Soir, ce jour où il s vont définitivement quitter le navire. Pourquoi ? Les raisons sont diverses : il y a ceux qui ne supportent plus d’y perdre leur temps et y noyer leur productivité plusieurs fois par jour juste pour être allé chercher une information précise, ceux qui commencent à faire de l’urticaire à l’idée que leur vie privée soit méthodiquement tracée et disséquée, et tous les autres qui saturent avec cette injonction de l’émotion, du putaclic, des fake news, du spam publicitaire, des groupes à la con qui les inscrivent à leur insu, de la bêtise ambiante et des trolls de compétition.

Capture Faceboon

Un statut Facebook publié pendant la rédaction de cet article

On aimerait tous quitter Facebook, pour toutes ces raisons et encore beaucoup d’autres. Mais nous sommes finalement très peu à le faire. Pourquoi ? Parce-que pour la plupart d’entre nous, c’est utile, pratique, et pour certains comme moi, indispensable d’un point de vue professionnel (ne serait-ce que pour pouvoir en parler comme ici).

Une histoire de plein d’essence

En fait, Facebook, c’est comme faire le plein d’essence : on n’aime pas spécialement ça mais on n’a pas le choix, il faut le faire. Et, de fait, cette plateforme est peuplée de gens qui l’utilisent mais qui ne pensent qu’à la quitter. Et vous savez quoi : cela convient très bien à Mark Zuckerberg, qui sait depuis longtemps que son site et ses apps ne suscitent aucun affect, aucun attachement, mais que les gens l’utilisent quand même. Et il fait son beurre avec ça, dans cette économie de l’extraction, à savoir nous garder le plus longtemps possible chez lui pour nous prendre un maximum de temps de cerveau disponible. Faire son business avec des gens qui ne vous aiment pas est un concept assez étrange, mais chapeau l’artiste.

Il y a quand même un effet pervers à cela, qui modifie la donne : le social cooling, ou « refroidissement social », qui fait que nombre de membres de Facebook sont passés d’actifs à observateurs. Ils sont toujours présents sur la plateforme mais ont considérablement réduit leur activité. Ils ne postent plus (ou presque plus), likent de moins en moins, et participent avec beaucoup de parcimonie aux conversations. Une sorte d’auto-censure qui leur permet de se protéger d’une éventuelle bévue, perçue comme anodine aujourd’hui, mais qui pourrait se retourner contre eux plusieurs années plus tard au gré de l’évolution de la société sur certains sujets.

Alors, on quitte Facebook ? Peut-être, mais souvent sans fermer son compte…

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