« On ne laisse pas passer un truc pareil » : à Paris, la détermination des militantes féministes contre la nomination de Gérald Darmanin – Le Monde

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Manifestation à Paris, sur la place de l’Hôtel de ville, le 10 juillet.

De mémoire de chercheur en sciences politiques, on n’avait rarement vu ça. Des manifestations après la nomination de deux ministres, sans qu’ils n’aient encore eu le temps de prendre la moindre décision. Habituellement, les protestations surviennent contre des choix gouvernementaux. Là, Gérald Darmanin, fraîchement installé à l’intérieur, et Eric Dupond-Moretti à la justice, ont déjà suscité contre eux une première journée de mobilisation nationale ; elle s’est tenue vendredi 10 juillet.

Alice Coffin avait reçu des centaines de messages dès lundi soir. La nouvelle élue Europe Ecologie-Les Verts (EELV) au Conseil de Paris, croisée en bas de l’Hôtel de ville, raconte la sidération, puis la colère, qui ont saisi les associations féministes. Des émoticones « vomi » aux textos « pour de vrai j’ai eu envie de vomir », en passant par l’évocation d’un « traumatisme », « ça a circulé partout, comme une traînée de poudre », explique-t-elle.

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Les échanges ne sont plus modérés, le ton est tranché : « Tous disaient la même chose : on va au combat, on ne s’arrêtera pas tant qu’ils resteront en poste », ajoute-t-elle.

Derrière elle, deux grands corbeaux de tissus noirs, sur lesquels les noms de Gérald Darmanin et d’Eric Dupond-Moretti sont inscrits à la peinture blanche, toisent le millier de manifestants présents sur un parvis presque rempli. A même le sol, une jeune femme bricole sa dernière pancarte de carton. Au marqueur noir, elle inscrit : « Un viol toutes les dix minutes en France, c’est ça votre solution ? »

« C’est insupportable cette impunité »

Un peu plus loin, une manifestante porte une affiche « Il y a des guillotines qui se perdent » ; une autre l’aborde : « C’est ma préférée ! » La discussion s’engage : « J’en peux plus, ils se sentent intouchables, ils nous méprisent, c’est insupportable cette impunité. »

Lors de la manifestation devant l’Hôtel de Ville de Paris, le 10 juillet.

Partout, la foule, très jeune, confirme la détermination décrite par Alice Coffin et perçue sur les réseaux sociaux ces derniers jours. « Darmanin démission », « La culture du viol elle est En Marche », « Un complice à la justice, un violeur à l’intérieur » sont scandés plusieurs fois.

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A 23 ans, Claire s’est formée au féminisme au lycée, fascinée par la figure d’Emma Watson, l’actrice de la saga Harry Potter qui s’est engagée pour l’égalité femmes-hommes. Selon elle et son amie Alice, elles sont là aujourd’hui pour montrer « qu’on ne ferme pas les yeux, on ne laisse pas passer un truc pareil, on est là pour les victimes ».

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