«On attend le texte de loi» : la sidérante assurance de squatters à Saint-Honoré-les-Bains – Le Figaro

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Après la retentissante affaire du squat de Théoule-sur-Mer, un nouveau dossier de «squat» va mettre à l’épreuve les nerfs des propriétaires français. Le village de Saint-Honoré-les-Bains dans la Nièvre (744 habitants) est en effet en ébullition depuis la prise de contrôle d’une maison par des squatters, qui n’hésitent pas à invoquer le droit français pour leur défense.

Véronique Peltier, voisine de la maison squattée et amie des propriétaires, a résumé ce mercredi 16 septembre la situation au micro de RMC. Les propriétaires (dont la mère, résidente habituelle des lieux, est actuellement en Ehpad) ont été prévenus par le village que des personnes avaient investi la maison, et sont venus sur place en fin de semaine, pour récupérer leur bien. Un squatter isolé quitte alors les lieux. Mais le soir même, un couple de quadragénaires arrive dans le bâtiment et… déloge les propriétaires ! «Nous avons vu deux furies arriver. Insultants, agressifs, ils sont rentrés dans la maison pour ne plus en sortir […]», raconte Véronique Peltier. Les squatters auraient même intimé aux propriétaires de «décamper», expliquant s’être installés quelques jours plus tôt.

«On attend les gendarmes et le texte de loi»

Une vidéo de la scène, mise en ligne dimanche dernier 13 septembre, témoigne de l’ubuesque de la situation. Le couple de squatters y est confronté aux propriétaires légitimes, qui demandent en vain à récupérer leur bien. Les occupants de fait montrent une nonchalance déconcertante. Coiffé d’un casque de moto à demi enfilé, et roulant une cigarette, un homme explique d’abord ce qui le pousse à squatter : «Je serais à la place de ces gens [les propriétaires], je ne serais pas d’accord. Mais le problème, c’est que je connais la loi, je sais qu’elle est comme ça.»

Sa compagne, pour un peu, se plaindrait : «On n’est pas là pour dégrader […]. On avait l’intention de débroussailler la tonne de ronces qui est là depuis trente piges ! critique-t-elle. Les ronces, je connais, un tas de ronces comme ça il faut trente piges pour les avoir, déjà !».

L’homme reprend ensuite la parole et prévient que «le maire n’a aucun pouvoir». Didier Bourlon, l’édile du village, arrive justement sur ces entrefaites. Il s’informe sur la situation, puis défend les propriétaires. Allumant tranquillement sa cigarette, le squatter lui répond alors : «Vous pouvez élever la voix, crier même si vous voulez. C’est pas parce que vous allez crier que vous allez impressionner tout le monde, maire ou pas maire.» En écho à ses propos, sa compagne répète alors plusieurs fois : «On attend les gendarmes et le texte de loi français [qui nous expulse]».

La situation peut «dégénérer», selon le maire

Devant cette morgue, plusieurs villageois auraient exprimé leur soutien à la famille propriétaire du bien, et certains envisageraient même d’expulser les squatteurs manu militari. Le maire a confié mardi ses craintes pour l’ordre public, auprès de France3 Régions : «Certains jeunes, certains moins jeunes, vont se regrouper et vont chasser les squatteurs. C’est ce que j’ai expliqué à certaines autorités ce matin. J’ai très peur que ça dégénère», détaillait-il.

Le salut des propriétaires pourrait sinon venir du gouvernement. Ces dernières semaines, l’émotion créée par l’affaire de Théoule-sur-Mer a amené la ministre chargée du Logement, Emmanuelle Wargon, à défendre un amendement visant à faciliter l’expulsion de squatteurs, avec une intervention du préfet en moins de 48 heures.

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