On a testé la souris sur iPad, une réintroduction qui ne change pas la nature de la tablette d’Apple – Le Monde

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Cette année, Apple fête le dixième anniversaire de l’iPad en rompant avec l’un des principes fondateurs de sa tablette : l’éviction de la souris. En 2010, la toute première tablette d’Apple se pilotait avec le doigt plutôt qu’au stylet ou à la souris. Un parti pris radical pour l’époque qui favorisait la simplicité et qui a contribué au succès de l’iPad.

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Voilà pourquoi la réintroduction de la souris, le 24 mars, à l’occasion de la mise à jour du logiciel iPadOS 13.4, interroge. Le doigt et la souris cohabitent-ils avec bonheur ? L’iPad se rapproche-t-il désormais du fonctionnement d’un Mac ou d’un PC ?

On pouvait craindre que le retour de la souris gêne les usagers en quête de simplicité, comme la rénovation en 2019 des menus de l’iPad, qui a légèrement compliqué son usage tout en offrant de nouvelles possibilités aux professionnels. Cette fois-ci, l’évolution est indolore parce qu’invisible. Pour accéder à cette fonction, il faut d’abord raccorder l’iPad à une souris Bluetooth ou à un étui clavier d’un genre nouveau, comme on en trouve désormais chez Apple, Logitech ou Brydge par exemple.

Le tout nouvel étui clavier, le Magic Keyboard d’Apple, est doté d’un trackpad, l’équivalent plat d’une souris, très commun sur les PC et Mac portables.

Le tout nouvel étui clavier, le Magic Keyboard d’Apple, est doté d’un trackpad, l’équivalent plat d’une souris, très commun sur les PC et Mac portables. NICOLAS SIX / LE MONDE

Même ainsi équipée, la souris n’est pas toujours visible. Elle apparaît uniquement lorsqu’on déplace le curseur. A tout moment, on peut donc préférer le doigt à la souris. Pour qui n’a jamais utilisé de souris, son apprentissage est pénible : difficile de coordonner les mouvements du bras aux déplacements du curseur à l’écran. Mais pour les millions d’utilisateurs qui en sont familiers, la souris de l’iPad se comporte comme celle d’un ordinateur classique, et elle devient rapidement un outil « naturel ».

Certaines manœuvres sont plus simples

Les applications ont beau être différentes sur tablette, lorsqu’on les compare à leur version Mac ou PC, elles sont souvent plus simples, ce qui aide à prendre la souris en main rapidement. Les boutons sont moins nombreux, plus gros, plus faciles à atteindre, d’autant que le pointeur de l’iPad est large.

Beaucoup d’applications comprennent parfaitement les mouvements de la souris, celles de Google et d’Apple notamment. Mais certaines ne les perçoivent pas, comme le traitement de texte Word, qui ne sera compatible qu’à l’automne. Ces problèmes de compatibilité se raréfieront probablement avec le temps.

Sur iPad, la souris se révèle plus précise que le doigt. Fort pratique lorsqu’on édite un document bureautique comme un tableur ou un texte. Elle accélère alors nettement la sélection d’un bloc de texte, la correction d’un mot, la copie d’une phrase depuis un e-mail. Habituellement frustrantes sur iPad, certaines manœuvres sont plus simples, comme l’édition d’une adresse Web dans un navigateur, par exemple.

Economie de gestes

En pilotant la souris, on dépense moins d’énergie qu’en levant le bras cent fois pour interagir avec l’écran. On fait, par exemple, défiler les pages avec une précieuse économie de gestes, en évitant au passage de cacher leur contenu avec la main. Après plusieurs heures de labeur, certains pourraient constater la diminution de leur fatigue musculaire – les ergonomes conseillent de travailler avec les bras reposant délicatement sur le bureau.

La souris ne transforme pas la tablette d’Apple en un ordinateur classique : bien souvent, les applications professionnelles pointues sont appauvries sur iPad. Le traitement de textes Word et l’éditeur d’images Photoshop, par exemple, sont des versions très édulcorées de leur équivalent PC/Mac.

L’apparition de la souris sur iPad incitera-t-elle les éditeurs à enrichir la version tablette de leurs logiciels ? En théorie, cela paraît envisageable. La souris étant plus précise que le doigt, elle permet de cliquer sur des boutons plus petits, et donc de multiplier les boutons. Sauf qu’en pratique les éditeurs devront penser leurs interfaces pour la souris comme pour le doigt.

La souris ne change pas la personnalité de l’iPad, qui reste un ordinateur simplifié. Elle seconde le doigt plutôt que de le remplacer

Pas certain, donc, que les applications professionnelles s’enrichissent sur iPad… à moins que la tablette d’Apple suive l’exemple des Surface de Microsoft, des appareils convertibles. D’un simple clic, on pourrait alors passer du mode tablette, simple et épuré, au mode ordinateur Mac, avec son interface riche et touffue. Le patron d’Apple, Tim Cook, s’est déclaré en 2018 opposé à cette idée, mais il arrive qu’Apple change d’avis, comme le montre la réintroduction de la souris.

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La souris ne change pas la personnalité de l’iPad, qui reste un ordinateur simplifié. Discrète, elle seconde le doigt plus qu’elle le remplace. On est libre d’y recourir quand bon nous semble. Les gros travailleurs qui possèdent une tablette Apple gagneraient à s’y essayer, car elle a le potentiel d’accélérer certaines tâches et de limiter la fatigue au cours de longues sessions de travail. D’autant que l’investissement n’est pas excessif puisqu’on trouve des souris Bluetooth de marques réputées à partir de 25 euros.

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Ce nouvel accessoire élargit donc le cercle des professionnels qui pourraient faire le choix d’un iPad comme ordinateur principal. D’autant qu’Apple a amélioré les fonctionnalités de sa tablette en 2019, en permettant par exemple l’emploi d’une clé USB. Les plus exigeants y trouveront rarement leur compte, car l’iPad reste moins capable qu’un PC ou un Mac, ces ordinateurs ultra-polyvalents qui laissent plus de liberté à leur utilisateur. Mais pour les professionnels qui n’ont pas besoin des logiciels les plus pointus, et qui apprécient d’être pris par la main, la tablette d’Apple est désormais un choix à considérer.

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