Olivier Véran, l’ascension programmée du nouveau ministre de la santé – Le Monde

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Olivier Véran, le 18 septembre 2018 à L’Elysée.

Olivier Véran, le 18 septembre 2018 à L’Elysée. LUDOVIC MARIN / AFP

Tout vient à point pour qui sait attendre. Déjà pressenti au ministère des solidarités et de la santé en mai 2017, le député La République en marche (LRM) de l’Isère Olivier Véran a finalement été nommé avenue de Ségur, dimanche 16 février. Il remplace Agnès Buzyn, partie en catastrophe à la conquête de la mairie de Paris. Sa nomination intervient alors que l’hôpital public traverse une crise sans précédent, après des années d’austérité budgétaire, et que la réforme des retraites est toujours très contestée.

A seulement 39 ans, l’ambitieux neurologue grenoblois au débit de mitraillette accède à ces prestigieuses fonctions à l’issue d’une carrière politique fulgurante. Député PS de 2012 à 2015, suite à l’entrée au gouvernement de Geneviève Fioraso dont il est le suppléant à l’époque, Olivier Véran est élu conseiller régional en Auvergne-Rhône-Alpes il y a cinq ans. Lors de la précédente législature, ce père de deux enfants fait parler de lui en poussant un amendement très médiatisé, qui sera adopté, pour interdire l’activité de mannequin aux personnes trop maigres.

Aux côtés de Marisol Touraine, ministre de la santé, il ne parvient cependant pas à empêcher un détricotage de la loi Evin encadrant la promotion du vin. Un détricotage alors défendu par François Hollande et le ministre de l’économie… Emmanuel Macron. Il rallie malgré tout le candidat d’En marche ! pendant la campagne présidentielle qui en fait son référent santé. En juin 2017, il devient député de l’Isère.

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Renouer le dialogue avec le personnel hospitalier

Technicien sans oublier d’être politique, Olivier Véran occupe depuis deux ans et demi le poste stratégique de rapporteur général de la commission des affaires sociales. Fin connaisseur du monde de la santé, en particulier de l’hôpital dont il est issu, l’homme ne manque pas d’idées. Ces derniers mois, il a notamment défendu l’expérimentation du cannabis thérapeutique, fait voter la création d’une taxe modulable sur les boissons gazeuses sucrées et mis en place un dispositif visant à payer les urgences hospitalières pour qu’elles renvoient des patients non urgents vers la médecine de ville. Une expérimentation qui a irrité nombre de médecins libéraux.

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Habitué à défendre l’action de l’exécutif sur les plateaux télés, l’ancien socialiste n’hésite pas non plus à faire entendre sa petite musique. L’an dernier, il a ainsi désapprouvé, avant de rentrer dans le rang, le choix du gouvernement de ne pas compenser financièrement à la Sécurité sociale certaines exonérations de cotisations sociales décidées à la suite du mouvement des « gilets jaunes », qui creusaient le déficit.

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