Manifestation pro-kurde — Vadim Pacajev/Sipa USA/SIPA

Les forces kurdes en Syrie ont appelé ce samedi Washington à « assumer ses responsabilités morales » et à « respecter ses promesses », les Etats-Unis étant accusés d’avoir abandonné leurs alliés, sous le coup d’une offensive de la Turquie.

Ankara a lancé mercredi une offensive dans le nord de la Syrie contre une milice kurde, deux jours après que les Etats-Unis ont retiré des troupes américaines déployées dans certains secteurs du nord syrien juste à la frontière avec la Turquie.

Des alliés se sentant abandonnés

« Nous invitons nos alliés à assumer leurs responsabilités morales et à respecter leurs promesses », indique un communiqué lu en conférence de presse des Forces démocratiques syriennes (FDS), l’alliance arabo-kurde qui contrôle de vastes régions dans le nord et le nord-est syrien.

Les FDS étaient alliées ces dernières années à la coalition internationale menée par Washington dans le combat contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI). « Nous ne voulons pas qu’ils envoient des soldats sur le front pour qu’ils mettent leur vie en danger. Tout ce que nous voulons c’est la fermeture de l’espace aérien face à l’aviation turque », d’après le communiqué.

« Une décision injuste »

L’offensive de la Turquie intervient alors que depuis plusieurs semaines, Washington et Ankara œuvraient à la mise en place d’une « zone de sécurité » à la frontière entre la Turquie et la Syrie. Dans le cadre de ce « mécanisme de sécurité », les FDS avaient accepté de retirer leurs fortifications à la frontière mais à plusieurs reprises Ankara s’est plaint des retards pris par Washington dans la création de la zone tampon.

« Nos alliés nous avaient garanti leur protection après qu’on a détruit nos tranchées et nos fortifications », explique le communiqué. « Mais soudain sans prévenir ils nous ont abandonnés avec une décision injuste de retirer leurs troupes de la frontière turque », selon le texte.

Coup de couteau dans le dos

« Cette mesure a été une déception majeure, comme un coup de couteau dans le dos », estime le communiqué. Selon un haut responsable à Washington, entre 50 à 100 membres des forces spéciales américaines ont été éloignés de la frontière pour être transférés vers d’autres bases en Syrie.

A plusieurs reprises, le président américain Donald Trump a menacé d’« anéantir » l’économie de la Turquie, en cas d’offensive « injuste ». Dans leur communiqué, les FDS ont estimé que les « condamnations politiques » et « les projets de sanctions économiques contre la Turquie » n’allaient pas faire cesser « les massacres ». Depuis mercredi, 81 combattants des forces kurdes et 28 civils ont été tués, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

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