Le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé jeudi d’ouvrir les portes de l’Europe à des millions de réfugiés en réponse aux critiques européennes contre l’offensive turque en cours dans le nord-est de la Syrie. “Elle doit cesser” a lancé le ministre des Affaires Étrangères Jean-Yves Le Drian mercredi soir, à propos de cette attaque.

“Ô Union européenne, reprenez-vous. Je le dis encore une fois, si vous essayez de présenter notre opération comme une invasion, nous ouvrirons les portes et vous enverrons 3,6 millions de migrants”, a déclaré Recep Tayyip Erdogan lors d’un discours à Ankara. La Turquie accueille 3,6 millions de réfugiés syriens sur son sol.

Une opération très contestée

Les pays européens ont vivement critiqué l’opération lancée mercredi par la Turquie dans le nord-est de la Syrie contre une milice kurde, les YPG, considérée comme terroriste par Ankara mais soutenue par les Occidentaux car elle constitue le fer de lance de la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

“Vous n’avez jamais été sincères. A présent ils disent qu’ils vont bloquer trois milliards d’euros (promis à la Turquie dans le cadre de l’accord migratoire). Avez-vous jamais respecté une promesse qui nous a été faite ? Non”, a encore martelé M. Erdogan. “Avec l’aide de Dieu, nous poursuivrons notre chemin, mais nous ouvrirons les portes” aux migrants, a-t-il ajouté.

Des inquiétudes sur le sort des prisonniers

En parallèle de ces propos au vitriol, le président turc s’est cependant efforcé de rassurer sur un autre point qui inquiète les Occidentaux, Européens en tête : le sort des membres étrangers du groupe Etat islamique actuellement détenus par les forces kurdes.

“Nous ferons ce qui est nécessaire avec les prisonniers de l’Etat islamique, a-t-il assuré. “Ceux qui doivent rester en prison, nous les y maintiendrons, et nous renverrons les autres dans leur pays d’origine, si ces derniers les acceptent.”

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