Nucléaire, hydrogène vert, agriculture… Ces secteurs que Macron veut arroser de milliards pour le futur – Libération

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Le chef de l’Etat a détaillé ce mardi les secteurs prioritaires du plan «France 2030», pour lequel le président de la République a annoncé le déblocage de 30 milliards d’euros afin de faire émerger des technologies «de rupture».

Des milliards pour «faire émerger les champions de demain» face aux concurrences chinoise et américaine, et faire taire les critiques sur le «déclin» de la France. Emmanuel Macron a présenté ce mardi matin les secteurs prioritaires de son plan «France 2030», dont il a esquissé les premiers contours début septembre. Des domaines jugés stratégiques dans la décennie qui s’ouvre et pour lesquels le chef de l’Etat ambitionne de placer la France en position de force.

La pandémie de Covid-19 «nous a fait toucher du doigt notre vulnérabilité», a estimé le chef de l’Etat. «On doit rebâtir les termes d’une indépendance productive française et européenne», a-t-il poursuivi au cours d’un discours long de plus d’une heure à l’Elysée, où il s’adressait à quelque 200 chefs d’entreprise et d’étudiants.

Le président de la République a notamment insisté sur la nécessité de réconciliation entre la France des start-up et la France de l’industrie. Pour cela, le locataire de l’Elysée a égrené plusieurs annonces concernant les secteurs prioritaires de «France 2030», un plan doté de 30 milliards d’euros, avec, pour chacun d’entre eux, l’objectif d’accompagner la transition écologique.

Le nucléaire

Sur le nucléaire, le président veut investir un milliard d’euros d’ici à 2030 et développer des petits réacteurs. «L’objectif numéro un, c’est de faire émerger en France d’ici 2030 des réacteurs nucléaires de petite taille innovants (les «small modular réacteurs (SMR)), avec une meilleure gestion des déchets pour nous préparer à des technologies de rupture et de formation profondes sur le nucléaire», a détaillé Emmanuel Macron.

Les petits réacteurs modulaires, dits SMR («small modular reactors»), sont «beaucoup plus modulaires et beaucoup plus sûrs», a-t-il assuré, précisant qu’«améliorer toujours la sureté en baissant les coûts» restait une priorité.

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L’hydrogène vert

Emmanuel Macron veut également faire de la France «leader de l’hydrogène vert» d’ici à neuf ans, en investissant massivement «pour aider à décarboner» l’industrie. «Ce que nous devons faire absolument pour l’hydrogène, c’est ne pas répéter les erreurs que nous avons faites sur les énergies renouvelables. On a trop peu investi sur l’offre et la capacité à développer notre filière», a insisté le président.

Le président se donne pour mission de compter «au moins deux Gigafactory d’électrolyseurs et produire massivement de l’hydrogène et l’ensemble des technologies utiles à son utilisation» d’ici 2030. Il a par ailleurs cité les secteurs de l’acier, du ciment et de la production chimique qui ont besoin d’hydrogène vert pour remplacer les énergies fossiles, ainsi que «l’alimentation des camions, bus, trains et avions».

Les transports

Macron a annoncé l’objectif de «produire en France à l’horizon 2030 près de 2 millions de véhicules électriques et hybrides». Rappelant que «les trente dernières années ont été cruelles pour l’industrie automobile française», le chef de l’Etat a jugé cet objectif «atteignable» si «il y a une vraie stratégie coopérative, en particulier de nos grands constructeurs». «A la fin du mois, je reverrai l’ensemble des acteurs de la filière sur à la fois les infrastructures et les investissements», a-t-il précisé, en invitant à un «changement de culture». «Si les grands constructeurs français ne jouent pas le jeu, nous ne réussirons pas cette partie», a insisté le chef de l’Etat.

«Nous allons aussi investir massivement pour permettre de déployer d’ici à 2030 le premier avion bas carbone qui doit être un projet français, mais dont l’objectif est de l’européaniser au maximum», a également annoncé le président de la République.

«Au total ce sont près de 4 milliards d’euros qui seront investis sur ces acteurs des transports du futur», a-t-il ajouté, pour «deux secteurs qui sont au coeur de l’imaginaire industriel français» et «qui doivent être au cœur de l’avenir industriel français».

L’agriculture

Le secteur agricole est aussi concerné : Emmanuel Macron souhaite y investir deux milliards d’euros dans des innovations de «rupture», notamment en robotique. La France doit entrer dans une «nouvelle révolution de l’alimentation saine, durable et traçable» à l’horizon 2030 et pour cela «investir dans trois révolutions qui vont en quelque sorte être la suite de la révolution mécanique et de la révolution chimique qu’on a connues : le numérique, la robotique, la génétique», a-t-il décrit.

Ces investissements doivent permettre de «décarboner la production» agricole, «sortir de certains pesticides», «améliorer la productivité» et de développer «des productions plus résilientes et plus solides dans les bio-solutions», a-t-il détaillé.

La recherche pharmaceutique

La France doit se donner comme objectif d’avoir dans cette décennie «au moins 20 biomédicaments contre les cancers, les maladies émergentes et les maladies chroniques dont celles liées à l’âge», a annoncé le président.

«C’est un objectif sur lequel nous devons concentrer tous les efforts et l’agence d’innovation en santé sera un point, à mes yeux, extrêmement important pour y arriver», a dit Emmanuel Macron, plaidant pour une «médecine plus prédictive, plus innovante et avec un tissu productif davantage en France».

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Les composants électroniques

Le locataire de l’Elysée annoncé «près de 6 milliards d’euros» d’investissements pour «doubler» la production électronique de la France d’ici 2030 et «sécuriser» son approvisionnement en puces, alors qu’une importante pénurie est en cours depuis plusieurs mois.

«Nous voulons être en capacité de doubler notre production électronique d’ici 2030 et de construire une feuille de route vers des puces électroniques de plus petite taille pour rester un des leaders du domaine», a-t-il déclaré devant un parterre de chefs d’entreprises et d’étudiants, soulignant que la France «a perdu une part importante de son autonomie sur plusieurs équipements de robotique et de numérique».

L’exploration des fonds marins

Emmanuel Macron a déclaré que l’exploration des grands fonds faisait partie des priorités du plan d’investissement «France 2030″ pour ne pas «laisser dans l’inconnue une partie importante du globe».

Cette exploration est «un levier extraordinaire de compréhension du vivant, d’accès à certains métaux rares, de compréhension du fonctionnement de nouveaux écosystèmes d’innovation», notamment en termes de santé, a expliqué le chef de l’Etat, en précisant qu’il parlait d’«exploration» et non «d’exploitation» et que la France était bien placée car elle possède le deuxième espace maritime au monde.

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