Nouvelles actions à Paris contre la réforme des retraites – Le Monde

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Ports, métros, trains, raffineries, Banque de France, avocats… La mobilisation contre la réforme des retraites du gouvernement se poursuivait mercredi 15 janvier, à son 42e jour et à la veille d’une nouvelle journée de manifestations organisées partout en France, à l’appel de l’intersyndicale CGT, FO, CFE-CGC, Solidaires et FSU, qui réclame le retrait de la réforme.

La journée a été marquée par de nouvelles actions, comme devant le ministère des finances, où un rassemblement a eu lieu pour réclamer le retrait du projet du gouvernement. A l’appel de six de leurs syndicats, CGT, FO, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP, des agents de la fonction publique ont fait part de leur détermination. « Nous n’allons pas accepter une contre-réforme des retraites qui va (…) entraîner une chute des pensions pour des milliers d’agents et qui va discriminer encore plus les femmes demain », a déclaré Jean-Marc Canon (CGT, syndicat majoritaire), en soulignant la mobilisation « majoritaire » de la fonction publique dans le mouvement social en cours depuis le 5 décembre. « Le camp du refus, ce sont les responsables du gouvernement qui refusent de prendre en considération la moindre revendication », a-t-il ajouté. « Nous n’arrêterons pas tant qu’il n’y aura pas de retrait de ce projet régressif et le début d’une véritable négociation », a-t-il conclu, au milieu d’une marée de drapeaux syndicaux.

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Même son de cloche du côté de Force ouvrière (FO) : « Interprofessionnel comme fonction publique, le mot d’ordre est clair : retrait du projet, ni amendable, ni négociable, a avancé Christian Grolier. Pas question d’arrêter sans qu’aucune de nos revendications soit prise en compte. Et sans nous, ça ne marchera pas ! » Présent, le secrétaire général de FO, Yves Veyrier, a jugé « nécessaire » d’apporter son « soutien » à tous ceux qui se mobilisent alors que « le gouvernement mise sur l’épuisement » des opposants au projet de réforme. Interrogé sur la possibilité que se réserve le gouvernement à ce stade de prendre « toute mesure » par ordonnance, y compris en modifiant l’âge légal de départ à la retraite pour atteindre l’équilibre financier, il a parlé de « provocation ».

« Les points ne sont pas des droits et, avec ce système universel [à points, voulu par le gouvernement], ces droits demain nous ne les aurons plus », a dénoncé pour sa part Benoît Teste (Fédération syndicale unitaire, FSU), qui a insisté sur le « lien très fort entre les retraites et le statut des fonctionnaires ». Pour lui, le nouveau projet de réforme est « une occasion de plus, avec la loi de transformation de la fonction publique, pour détruire le statut des fonctionnaires », garant du traitement égal et impartial de tous les usagers des services publics. Des représentants de SUD-Rail, des fédérations de cheminots de la CGT et de FO, très applaudis, ont également pris la parole, après avoir allumé des fumigènes rougeoyants, pour encourager les agents à mobiliser « collègues, parents, amis » pour « tenir, tenir, tenir » et « gagner ».

Environ 150 personnes se sont rassemblées aux abords du siège parisien de la Banque de France pour tenter d’amplifier le mouvement de grève contre la réforme des retraites. Depuis lundi, des débrayages à l’appel de plusieurs syndicats, en particulier la CGT, premier syndicat de la Banque de France, ont touché deux centres de tri des billets à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) et Sainghin-en-Mélantois (Nord) ainsi que le site de fabrication du papier pour billets de Vic-le-Comte et l’imprimerie de Chamalières dans le Puy-de-Dôme.

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La police technique manifeste pour son statut

Après Lyon samedi, plusieurs centaines de fonctionnaires de la police technique et scientifique ont également manifesté mercredi à Paris, entre l’Assemblée et Saint-Augustin, en blouse blanche et gants bleus pour réclamer un statut semblable à celui des agents armés, a constaté une journaliste de l’Agence France-presse.

« Nous avons un statut ambigu alors que la plupart des gens ici ont fait du terrain, ont été confrontés à des criminels et voient régulièrement des cadavres », a expliqué un fonctionnaire de la police scientifique de Marseille, venu avec une trentaine de collègues. Autour de son cou est accrochée une pancarte : « A Charlie Hebdo, j’y étais aussi. » Derrière leurs pancartes « Je suis flic », « Une police unie, un statut unique » ou « Mon métier n’est pas dangereux, pourtant j’ai un gilet pare-balles », tous réclament un statut « d’actif », semblable à celui des agents armés de la police nationale, qui ouvre notamment des droits à un départ anticipé à la retraite.

Selon Soazig Henrio, membre du Syndicat national indépendant des personnels administratifs techniques et scientifiques (Snipat), la police technique et scientifique est considérée comme « un métier sédentaire », semblable à du secrétariat ou à de la comptabilité. Alors que c’est un « métier extrêmement pénible » avec « beaucoup d’astreintes », poursuit Soazig Henrio, vêtue d’une blouse avec de fausses traces du sang. « Nous voulons que la dangerosité et la pénibilité de notre travail soient reconnues », ajoute-t-elle, alors que son syndicat a lancé depuis le 23 décembre un mouvement de grève reconductible inédit.

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Nouvel appel à la mobilisation le 24

Outre la journée du jeudi 16 janvier, et après celles des 5, 10 et 17 décembre, 9 et 11 janvier, l’intersyndicale appelle mercredi à une nouvelle « journée massive de grève et de manifestation interprofessionnelle » le 24 janvier, jour de l’examen du projet de loi en conseil des ministres, a-t-elle annoncé mercredi dans un communiqué.

Elle appelle aussi « à des actions de grève, de convergences interprofessionnelles sur tout le territoire les 22 et 23 janvier », notamment sous la forme de « retraites aux flambeaux ou autres initiatives le 23 au soir », avant de « faire du vendredi 24 janvier, date du conseil des ministres qui devrait examiner le projet de loi, une journée massive de grève et de manifestation interprofessionnelle ».

« Malgré les annonces du premier ministre et après six semaines d’un mouvement social inédit, dont nous nous félicitons, la population soutient toujours majoritairement la mobilisation contre ce projet absurde et injuste. »

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