«Macron, réponds-nous!» C’est avec ce slogan que le monde agricole se mobilise pour la deuxième fois ce mois-ci. À l’appel de la FNSEA et du syndicat des Jeunes agriculteurs, des milliers de paysans vont, dans la matinée de ce mardi, manifester devant les préfectures de leur département. Comme annoncé sur les banderoles qui seront déployées un peu partout en France, l’objectif de cette journée est de susciter une réaction au sommet de l’État face à la détresse de toute une profession.

À pied, en tracteur ou accompagnés de leurs bêtes, les agriculteurs comptent se déplacer pour exprimer une fois de plus leur mal-être grandissant. Lors de cette matinée, les représentants de la profession demanderont à être reçus par les préfets.

Déjà, le 8 octobre dernier, par le biais d’actions de blocage sur les routes à travers le pays, 10.000 éleveurs et cultivateurs s’étaient mobilisés pour interpeller le gouvernement et le chef de l’État sur leur malaise. Ce fut, selon eux, un coup d’épée dans l’eau. «Le président de la République, dont nous attendions des réponses, ne s’est pas exprimé. Nous lui demandons à nouveau une prise de position», explique Arnaud Gaillot, secrétaire général national des Jeunes agriculteurs.

Un sentiment de grand désamour

Les sujets sur lesquels Emmanuel Macron est attendu sont nombreux. La profession attend des explications sur les traités de libre-échange comme le Mercosur qui, selon elle, anéantira à terme le secteur. «Des accords commerciaux passés par la France permettent l’importation de produits dont les méthodes de production sont interdites sur notre pays. C’est incohérent et cela nous expose à une concurrence à laquelle on ne peut faire face. Assujettis à des normes plus strictes, nos produits sont forcément plus onéreux», rappelle Patrick Bénézit, secrétaire général adjoint au sein de la FNSEA.

Mais c’est aussi ce sentiment de grand désamour entre le pays et ses agriculteurs qui doit être mis sur la table, selon les organisations syndicales. Les nouvelles méthodes de communication agressives d’associations qui filment notamment la maltraitance animale dans les abattoirs ont déstabilisé la profession.

«On nous voit comme des tueurs», déplore Arnaud Gaillot. Le recours aux antibiotiques et aux pesticides dans le cadre d’une agriculture et d’un élevage intensifs fait même d’eux des tueurs en série aux yeux d’une partie de la population. En guise de représailles, des fermes et des installations sont vandalisées. «Mais arrêtons! C’est celui qui crie le plus fort qui a raison!», indique le même responsable de jeunes agriculteurs. «Dans ce tintamarre généralisé, foule de fausses informations circulent», déplore-t-il en demandant à Emmanuel Macron de calmer le jeu. «Il doit ramener de la sérénité dans les débats.»

Si rien ne vient, il faudra bien à un moment hausser le ton

Arnaud Gaillot, secrétaire général national des Jeunes agriculteurs.

Pour cette nouvelle journée d’action, les deux organisations syndicales comptent une fois de plus obtenir une forte mobilisation. «85 départements ont répondu présent la veille de cette journée et lundi soir on attendait d’autres réponses», indique-t-on chez les Jeunes agriculteurs, où l’on espère qu’il n’y aura aucun débordement. «Des dérapages nous desserviraient», confirme Patrick Bénézit, éleveur dans le Cantal qui se rendra ce mardi matin devant la préfecture d’Aurillac.

Mais si Emmanuel Macron persiste à garder le silence au terme de cette journée, les deux organisations syndicales se disent prêtes à mobiliser de nouveau la filière. «Le temps qu’il faudra», annonce le responsable de la FNSEA. «Et si rien ne vient, il faudra bien à un moment hausser le ton», prévient le responsable des Jeunes agriculteurs.

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