Navalny, Biélorussie… Vladimir Poutine affiche sa fermeté – Le Monde

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Vladimir Poutine au mémorial du Soldat inconnu à l’occasion du 75e anniversaire de la victoire sur l’Allemagne nazie, à Moscou, le 9 mai.

L’entretien surprise accordé par Vladimir Poutine à la télévision publique russe avait été annoncé avec emphase, jeudi 27 août au matin. Il concernerait « les sujets les plus importants à l’ordre du jour », prévenait le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov − « les dossiers les plus chauds du moment », renchérissait la télévision.

Quelques heures plus tard, la confirmation tombait : l’empoisonnement du premier opposant de Russie, plongé dans le coma dans un hôpital allemand, ne figure pas parmi les thématiques dignes de l’intérêt du public russe, des journalistes et du président. Coronavirus, croissance économique en berne, Biélorussie… pas un mot n’aura été prononcé sur la situation d’Alexeï Navalny. L’interview, enregistrée la veille au soir, terminée, on pouvait rapidement revenir aux affaires courantes, avec l’inauguration par le président, cette fois en direct, d’une autoroute en Crimée.

Les « vérifications », une réponse minimaliste

Le dédain affiché par M. Poutine − qui n’a jamais prononcé le nom de son opposant − trouvait, au même moment, une confirmation éclatante dans l’annonce par la police de « vérifications préliminaires » concernant non pas un éventuel empoisonnement, mais « l’hospitalisation » d’Alexeï Navalny. Depuis son transfert dans un hôpital berlinois, le 22 août, et la confirmation de son empoisonnement par les médecins allemands, les pays occidentaux ont multiplié les appels à l’ouverture d’une enquête, comme un signe minimal de bonne volonté de Moscou. Malgré les demandes des proches de l’opposant, celle-ci n’a toujours pas été ouverte.

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L’annonce de la police intervenue ce jeudi, une semaine après que M. Navalny est tombé dans le coma, est une réponse pour le moins minimaliste. « Ces “vérifications préliminaires” ont un statut officiel prévu par le code de procédure pénale, elles sont menées pour savoir s’il y a lieu d’ouvrir une enquête », précise le juriste Kirill Koroteev.

Ces « vérifications » ont été confiées à la police des transports, bien moins armée face à un tel dossier que le comité d’enquête. Différents objets liés au séjour de M. Navalny à Omsk ont tout de même été déjà recueillis. Le bureau du procureur général a appuyé cette position jeudi, en concluant qu’il n’existait aucun indice relatif à l’existence d’un quelconque « crime ». Il a demandé aux médecins allemands de faire parvenir leurs conclusions.

Souffler sur les braises

Passée la confusion des premiers jours − perceptible dans les contorsions de la presse ou l’appui encore donné par le ministère des affaires étrangères, le 25 août, à l’ouverture d’une enquête −, la position officielle russe s’esquisse. Elle se résume de manière simple : « Circulez, rien à voir. » Les médecins de la ville sibérienne d’Omsk maintiennent ainsi n’avoir décelé aucune trace d’empoisonnement, alors qu’ils auraient donné au patient, selon plusieurs témoignages, de l’atropine, un antidote.

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