Municipales : à Marseille, Martine Vassal joue son va-tout en radicalisant son discours – Le Monde

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La candidate du parti des Républicains aux prochaines élections municipales de Marseille, Martine Vassal (centre), à Marseille, le 12 juin.

Les quatre verbes-clés de la campagne du premier tour de Martine Vassal sont loin. A « Respirer », « Protéger », « Travailler » et « Partager », qu’elle a déclinés sur tous les tons jusqu’au 15 mars, la candidate Les Républicains (LR) à la mairie de Marseille substitue, dans une dernière ligne droite périlleuse, un vocabulaire beaucoup plus radical.

Depuis la reprise de la campagne, la présidente de la métropole Aix-Marseille et du conseil départemental des Bouches-du-Rhône parle surtout d’« ultragauche », de « péril rouge » et de « déclin » de Marseille. Et n’hésite pas à diffuser quelques fausses informations sur le programme de ses adversaires. « L’ultragauche est en train de faire un putsch à la cubaine ou à la vénézuélienne [à Marseille]», ose ainsi Mme Vassal dans La Provence. Si le Printemps marseillais, large union à gauche qui a bouclé le premier tour en tête, l’emporte, la deuxième ville de France deviendra, explique-t-elle encore, un « port d’accueil pour les migrants » où des « salles de shoot » seront ouvertes en nombre.

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Le virage a des allures de tentative désespérée pour mobiliser le socle de l’électorat de droite, voire d’extrême droite. La situation est critique pour la candidate soutenue par le maire sortant Jean-Claude Gaudin. Un sondage publié par La Provence le 17 juin – IFOP-Fiducial, réalisé sur 703 personnes du 13 au 15 juin – lui donne sept points de retard sur l’ensemble de la ville face à Michèle Rubirola, candidate du Printemps marseillais (36 % contre 29 %). Et l’enquête ouverte pour « faux et usage de faux » dans le cadre d’un système de fraude aux procurations vise ses équipes et a provoqué la perquisition de deux de ses permanences de campagne, puis du service des élections de la mairie de Marseille.

« Une campagne à la Trump »

« Elle tombe dans l’extrême. Les chars soviétiques sur la Canebière, cela pouvait être amusant une fois… A la longue, c’est ridicule », jauge le sénateur Bruno Gilles, son ancien compagnon chez LR qui se présente sans étiquette, et se veut, lui, « un candidat de rassemblement », espérant séduire ainsi les électeurs Les Républicains choqués par l’outrance de leur candidate. « C’est une campagne de caniveau dans laquelle nous ne tomberons pas », estime de son côté Benoit Payan, porte-parole du Printemps marseillais. « Une campagne à la Trump », abonde Michèle Rubirola.

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