Mouvement du 5 décembre : le gouvernement se prépare à une grève durable – Le Monde

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Dans la perspective d’un mouvement de grève qui promet d’être massif et potentiellement durable, l’exécutif veut établir une ligne de défense commune autour de cette réforme emblématique voulue par Emmanuel Macron.

Vendredi déjà, plusieurs ministres se sont rencontrés à Matignon pour passer en revue les plans de continuité des services publics en cas de blocage du pays : organisation des transports, accueil dans les écoles et les hôpitaux, télétravail, etc.

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Et dimanche 1er décembre, c’est l’ensemble du gouvernement qui est convié à Matignon pour préparer ce qui se présente comme une semaine noire. SNCF, RATP, Air France, contrôleurs aériens, EDF, poids lourds, raffineries, enseignants, étudiants, policiers, avocats, magistrats, éboueurs… La mobilisation contre le projet de fusion des quarante-deux régimes de retraite existants en un système universel par points s’annonce importante, alors que la Confédération générale du travail (CGT), Force ouvrière (FO), la Fédération syndicale unitaire (FSU) et Solidaires ont appelé à une grève interprofessionnelle vendredi 5 décembre, et qui devrait débuter jeudi en soirée.

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Le spectre de 1995

De quoi faire craindre à l’exécutif une répétition de 1995, lorsque le premier ministre Alain Juppé, sous la pression de la rue, avait dû reculer sur sa réforme des régimes spéciaux.

« Je pense qu’il y aura une mobilisation forte des organisations syndicales et un risque de blocage à la RATP et à la SNCF », concède le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, avant d’insister toutefois : « N’intériorisez pas le fait que l’on reculera sur les retraites, ce ne sera pas le cas, car cette réforme est juste. »

« Nous n’échouerons pas, la réforme se fera », abonde le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, dans le Journal du dimanche, ajoutant qu’« on a du mal à comprendre pourquoi l’Etat verse chaque année 8 milliards d’euros » pour équilibrer les régimes spéciaux « sur nos impôts ».

A Matignon, dimanche après-midi, il s’agira une nouvelle fois de « travailler à la mobilisation complète de l’Etat pour limiter au maximum l’impact de la grève pour les Français », selon l’entourage d’Edouard Philippe, missionné en première ligne par Emmanuel Macron sur ce dossier explosif.

Mais l’objet de la réunion est aussi de faire le point sur les discussions avec les syndicats et, selon un membre du gouvernement, de cultiver « une réflexion stratégique sur la suite » en se projetant au-delà du 5 décembre.

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Plus de cent cinquante manifestations prévues jeudi

Le gouvernement craint surtout que la mobilisation s’étende au-delà de quelques catégories et vire à la crise sociale d’ampleur. Il envisage avec une certaine angoisse la journée d’action des « gilets jaunes » prévue le samedi 7 décembre, un an pile après le pic de violence de leur mouvement. Jeudi, plus de cent cinquante manifestations sont prévues, dont une à Paris dans l’après-midi.

« Comme pour toute manifestation, on peut craindre que des casseurs et des “gilets jaunes” radicalisés s’en mêlent, souligne Christophe Castaner. Mais il faut aussi rappeler la responsabilité des organisations syndicales, elles ont un vrai savoir-faire. Elles se sont d’ailleurs engagées à mobiliser beaucoup de monde dans la gestion du service d’ordre. La préfecture de police prépare cela avec elles. »

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Opposé à un front constitué par la CGT, FO et les cadres de la Confédération française de l’encadrement – Confédération générale des cadres (CFE-CGC), le gouvernement redoute que la contestation s’élargisse à la Confédération française démocratique du travail (CFDT), dont le soutien à la réforme ne tient plus qu’à un fil, alors que sa fédération de cheminots a elle-même déposé un préavis de grève.

Accusé par l’opposition d’entretenir volontairement le flou sur ses intentions, l’exécutif a envoyé ces derniers jours des signaux à la fois d’ouverture et de fermeté. Intransigeant sur l’objectif ; mais ouvert à la discussion et soucieux d’un dialogue « sans brutalité », selon les mots d’Edouard Philippe.

Quitte à lâcher du lest sur des thèmes chers aux syndicats, comme les droits familiaux, la pénibilité ou les « garanties » attendues par les enseignants. Voire à décaler l’entrée en vigueur de la réforme au-delà de 2025. « Il y a plusieurs dates d’entrée possibles de la réforme. C’est une discussion que l’on doit avoir », souligne Gérald Darmanin, tout en ajoutant : « C’est certain » qu’il faudra travailler plus.

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