Mort de Victorine : des éléments «intéressants» recueillis par les enquêteurs – Le Parisien

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Un ballet incessant. Pendant toute la journée, ce mardi 29 septembre, les gendarmes de la section de recherches (SR) de Grenoble (Isère) ont continué leurs fouilles sur les berges de l’Alliat, la rivière où avait été retrouvé la veille le corps de Victorine Dartois, 18 ans. Dans cette enquête « qui s’annonce longue et difficile » sur la mort de la jeune fille de Villefontaine, qui avait disparu samedi, aucun indice ne peut être écarté. Dans l’après-midi, c’est autour d’un conteneur à poubelles situé à quelques dizaines de mètres du ruisseau où l’adolescente a été retrouvée que les enquêteurs ont passé le plus de temps. C’est à proximité immédiate de cette benne à ordures souterraine qu’un chien de la gendarmerie avait découvert, lundi, le sac à main de la victime.

Les enquêteurs se demandent donc si un suspect a pu tenter de dissimuler des preuves dans ce conteneur. Les éléments retrouvés à l’intérieur devaient être expédiés ce mercredi matin aux experts de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) à Pontoise (Val-d’Oise). Les scientifiques ont déjà reçu, mardi matin, une dizaine de scellés, dont le sac et les chaussures de Victorine. Ils espèrent y retrouver des traces ADN du ou des agresseurs. Par ailleurs, pour ne rien laisser passer dans les environs de la scène de crime, les gendarmes ont aussi fait appel à un drone, qui permet « d’avoir une vue d’ensemble de la scène de crime et savoir si le corps a pu être déplacé », explique une source proche de l’enquête.

Mort de Victorine : des éléments «intéressants» recueillis par les enquêteurs

De nombreuses investigations en matière de téléphonie ont aussi été lancées, notamment pour établir avec précision l’heure de l’agression de Victorine, qui a envoyé un texto à sa sœur peu avant sa disparition. Une quinzaine de proches de la jeune fille ont d’ailleurs été auditionnés par les gendarmes. Les 47 enquêteurs de la section de recherche de Grenoble ont aussi entendu presque tous les habitants du secteur. « Des choses intéressantes affleurent, estime un proche de l’enquête. Mais il reste de nombreuses vérifications à faire. » Des dizaines de coups de téléphone -70 à 8 heures ce mardi- ont enfin été recensés sur le numéro vert ouvert par la gendarmerie. Là encore, des éléments « intéressants » ont pu être recueillis au milieu d’autres appels farfelus. Ce mardi, plusieurs personnes fichées ou condamnées dans le passé, notamment pour des crimes sexuels, ont aussi été entendues par les gendarmes afin de « vérifier des emplois du temps ».

Les causes de la mort restent à établir

Un autre élément majeur est attendu ce mercredi : l’autopsie de Victorine sera pratiquée dans la matinée. Selon un proche du dossier, « le corps ne présentait pas de lésion évidente à sa sortie de l’eau » lorsqu’il a été retrouvé dans une zone difficile d’accès. Un scanner réalisé ce mardi n’a pas non plus permis d’établir les causes de la mort. L’autopsie devra, par ailleurs, répondre à une question cruciale, notamment pour établir le profil de l’auteur : Victorine a-t-elle subi des violences sexuelles ? Selon nos informations, le corps de la jeune femme était « partiellement dévêtu » lorsqu’il a été découvert par les plongeurs. « Il faut toutefois rester très prudent et éviter de spéculer, confie un proche du dossier. Les effets du courant ou de l’eau sur un corps peuvent faire disparaître des vêtements. »

Le dernier axe d’enquête concerne les images des caméras de vidéosurveillance. Si le lieu où Victorine a été retrouvée n’est pas équipé de caméras, la jeune fille apparaît sur plusieurs images dans les minutes qui ont précédé sa disparition, et notamment à la gare routière du quartier de Saint-Bonnet. C’est là qu’à 18h50, elle a raté le car qui aurait dû la ramener chez elle samedi soir. Les gendarmes cherchent à savoir si elle a été suivie par un ou plusieurs individus et, notamment, si elle a pu être repérée lors de son après-midi de shopping au village de marques. Seule certitude, Victorine n’a pas fait part du moindre souci lorsqu’elle a appelé sa sœur Perrine pour lui dire qu’elle allait mettre un quart d’heure pour regagner son domicile.

Une famille murée dans le silence et la douleur

Les parents de Victorine, ses deux sœurs et son frère sont restés cloîtrés, ce mardi, dans leur maison de Villefontaine où ils ont attendu leur fille samedi soir. Murés dans le silence et la douleur. Romane, 22 ans, la grande sœur de Victorine, a cependant posté un message poignant sur sa page Facebook : « Je n’ai plus de mots, je suis complètement détruite par cet énorme bouleversement qui change ma vie. J’ai le cœur déchiré. Je suis en deuil avec ma famille. Je suis impressionnée de la communauté de soutien qu’a Victorine. Mais elle le mérite totalement ».

« Je tiens vraiment à tous vous remercier pour vos partages, vos mots d’amour et de soutien auprès de ma famille et moi. Si je pouvais, je vous serrerais tous dans mes bras, écrit-elle encore. Je vois tous les messages que vous m’envoyez mais malheureusement, il y en a tellement que je n’arrive pas à répondre. Victorine était une jeune femme extraordinaire, une sœur plus qu’exemplaire, à l’écoute, toujours souriante. Victorine est déjà au paradis. Veille sur nous mon petit ange. Je t’aime ».

VIDÉO. Mort de Victorine : sa sœur lui rend hommage sur les réseaux sociaux

Sur Instagram, dans une vidéo, son autre sœur, Perrine, 20 ans, a tenu à remercier tous ceux qui ont adressé des messages de soutien à sa famille. Avant d’ajouter, très émue : « On a du mal à accepter que Victorine soit partie trop tôt. A cet âge, 18 ans, c’est très, très jeune ».

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