Mort de Valéry Giscard d’Estaing : Emmanuel Macron décrète un jour de deuil national – Le Monde

Spread the love
Valéry Giscard d’Estaing, en novembre 2015.

Au lendemain de la disparition de Valéry Giscard d’Estaing à l’âge de 94 ans, Emmanuel Macron a annoncé, jeudi 3 décembre, un jour de deuil national pour le mercredi 9 décembre, soit une semaine après la mort de l’ancien président, « figure centrale de l’histoire de notre République ».

Dans une adresse aux Français, le chef de l’Etat a précisé que Valéry Giscard d’Estaing et sa famille ne souhaitaient pas, « par pudeur », un hommage national, contrairement à celui qui avait été organisé pour Jacques Chirac en 2019. « Le 2 février prochain, jour de sa naissance, un hommage solennel sera organisé au Parlement européen de Strasbourg », a ajouté M. Macron.

Le chef de l’Etat a précisé que « les Français qui le souhaitent pourront écrire quelques mots d’hommage dans nos mairies et à Paris, au Musée d’Orsay, ce haut lieu de culture que nous lui devons ». « Au moment où se tourne, avec la mort du président Giscard d’Estaing, une page de l’histoire de notre pays, soyez sûrs que je mettrai avec vous tout en œuvre pour faire vivre cette flamme du progrès et de l’optimisme qui ne cessa de l’animer », a-t-il déclaré en concluant son adresse télévisée.

Obsèques samedi

Les obsèques de « VGE » se dérouleront samedi 5 décembre « dans la plus stricte intimité familiale » à Authon (Loir-et-Cher), où il possédait un château. « J’appartiens à une génération qui est née sous sa présidence et qui sans doute n’a pas toujours mesuré à quel point Valéry Giscard d’Estaing avait pour elle changer la France », a témoigné Emmanuel Macron, né en 1977, soit trois ans après l’entrée de « VGE » à l’Elysée.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Valéry Giscard d’Estaing, le président des « seventies »

Il a notamment cité « la défense des femmes et leur promotion à de hautes responsabilités, le divorce par consentement mutuel, la majorité civile à 18 ans, l’interruption volontaire de grossesse ». « Si nos vies sont plus libres, c’est aussi à son courage et à son audace que nous le devons », selon lui.

Le président défunt « a présidé à une profonde mutation de notre pays, passant d’une large période d’après-guerre et des “trente glorieuses” à des temps de défis et de rude concurrence mondiale. Il a fait entrer la France dans une modernité sociale, institutionnelle mais aussi dans une Europe en plein élan, dans une mondialisation en plein essor qui vivait déjà ses premiers déséquilibres », a-t-il ajouté.

Rappelant son action après sa défaite en 1981 face à François Mitterrand, Emmanuel Macron a estimé que, après avoir « recueilli nos suffrages », Valéry Giscard d’Estaing « finit par conquérir notre admiration, nos cœurs même ».

Valéry Giscard d’Estaing en quelques dates

2 février 1926 Naissance à Coblence (Allemagne)

1944-1945 A 18 ans, il s’engage dans la première armée française du général de Lattre de Tassigny et est décoré de la croix de guerre

1946-1948 Elève de l’Ecole polytechnique

1949-1951 Ecole nationale d’administration

1952 Epouse Anne-Aymone Sauvage de Brantes

1er janvier 1954 Inspecteur des finances

1955 Directeur adjoint du cabinet du président du Conseil, Edgar Faure

1956 Elu député du Puy-de-Dôme

1959 Secrétaire d’Etat aux finances

1962 Ministre des finances de Georges Pompidou

1966 Elu à la tête de la Fédération nationale des républicains indépendants

1967 Elu maire de Chamalières dans le Puy-de-Dôme

1969 Ministre de l’économie et des finances de Jacques Chaban-Delmas

1972 Ministre de l’économie et des finances de Pierre Messmer

1974 Elu président de la République

1974 Nomme Jacques Chirac à Matignon

1975 La loi Veil autorise l’interruption volontaire de grossesse

1976 Raymond Barre, premier ministre après la démission de Jacques Chirac

1978 Création de l’Union pour la démocratie française (UDF)

1979 Le Canard enchaîné révèle l’affaire des diamants offerts par l’empereur Bokassa

1981 Battu par François Mitterrand au second tour de l’élection présidentielle

24 septembre 1984 Redevient député du Puy-de-Dôme

21 mars 1986 Elu président du conseil régional d’Auvergne

30 juin 1988 Président de l’Union pour la démocratie française (UDF)

1988 Sortie du premier tome de ses mémoires « Le Pouvoir et la Vie »

1989 Elu député européen.

2001-2003 Préside la Convention sur l’avenir de l’Europe

11 décembre 2003 Elu à l’Académie française

2 décembre 2020 Mort à l’âge de 94 ans à Authon dans le Loir-et-Cher

Le Monde avec AFP

Leave a Reply