Mort de Michel Fourniret, le tueur en série dont on ne connaîtra jamais le nombre de victimes – Le Monde

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Michel Fourniret à sa sortie du tribunal de Dinant, en Belgique, en juillet 2004.

Combien de femmes ont-elles été violées et tuées par Michel Fourniret ? Il y a la douzaine de victimes qui ont été judiciarisées : les huit pour lesquelles il a été condamné par deux cours d’assises, les quatre pour lesquelles il était mis en examen. Et il y a les autres, celles qui ne seront peut-être jamais retrouvées, après la mort, lundi 10 mai, de celui que les spécialistes décrivent comme l’un des « plus grands tueurs en série européen ».

La vie de l’homme de 79 ans, qui souffrait de dégénérescence mentale et d’insuffisance cardiaque, s’est terminée à « l’unité hospitalière sécurisée interrégionale [UHSI] de la Pitié-Salpétrière à Paris, dépendant du centre pénitentiaire de Fresnes, où il était incarcéré », a précisé Rémy Heitz, le procureur de la République de Paris dans un communiqué. Une enquête a été ouverte pour « recherches des causes de la mort », a-t-il ajouté, une pratique systématique dans le cadre d’un décès en milieu pénitentiaire.

« C’est juste un être abject qui meurt »

« On ne saura jamais le nombre » de ses victimes, regrette Maître Corinne Herrmann, avocate avec Didier Seban des familles d’Estelle Mouzin, de Marie-Angèle Domece, de Joanna Parrish et de Lydie Logé, les quatre victimes pour lesquelles il était encore mis en examen. « Il y a les victimes tuées, les victimes violées, celles qui ont subi une tentative d’enlèvement… Michel Fourniret et Monique Olivier ont fait souffrir énormément de gens. »

Même si les enquêteurs n’arrivent que rarement à reconstituer la série complète d’un tueur en série, la justice commence à peine à mesurer l’ampleur des dégâts commis par le couple de criminels, dont les agissements se sont étalés sur quinze ans.

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Le téléphone d’Eric Mouzin, le père d’Estelle, disparue à 9 ans le 9 janvier 2003 en rentrant de l’école à Guermantes (Seine-et-Marne), n’a pas arrêté de sonner aujourd’hui. Il dit n’avoir rien ressenti du tout à l’annonce du décès de Fourniret – « c’est juste un être abject qui meurt ». Mais cette information a aggravé cette impression de « gâchis » qu’il ressent depuis 2008 et le premier passage du couple devant les assises, à Charleville-Mézières. « Il y a par exemple eu plusieurs années de perdues quand on a demandé le dépaysement du dossier de Meaux à Paris. A cette époque là, on avait le bonhomme sous la main en bon état de marche, on aurait pu avancer », déplore-t-il.

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