Mort de George Floyd : émeutes aux portes de la Maison-Blanche – Le Figaro

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Les manifestations se sont transformées en une vague d’émeutes à l’échelle nationale. Une semaine après la mort de George Floyd pendant son arrestation par la police de Minneapolis, les manifestations qui réclamaient la fin des brutalités policières se sont transformées en des mouvements violents qui ont pris de court les autorités à travers tous les États-Unis.

Depuis mercredi, des manifestations ont éclaté dans près de 140 villes américaines, de Seattle à Miami et de Boston à Los Angeles. Elles se sont fréquemment transformées en violentes émeutes au cours du week-end.

La Garde nationale, l’armée de réservistes destinée à la défense du territoire, a été mobilisée dans une quinzaine d’états pour renforcer la police et protéger les pompiers, mais sans pouvoir toujours enrayer la violence et les destructions.

Le couvre-feu a été décrété dans au moins quarante grandes villes.
Parties de Minneapolis, où des incendies et des pillages ont eu lieu depuis mercredi, les émeutes sont arrivées jusqu’aux portes de la Maison-Blanche. Dimanche soir, des casseurs ont incendié l’église Saint-John, aussi appelée l’église des présidents, à proximité de la résidence officielle du chef de l’État. Les pompiers ont réussi à maîtriser l’incendie. L’immeuble qui abrite le siège du syndicat AFL-CIO a aussi été incendié.

Des manifestants font face aux forces de l’ordre le 31 mai, dans un parc à proximité de la Maison-Blanche, à Washington. SAMUEL CORUM / AFP

Vendredi soir, les agents du secret service qui assure la sécurité présidentielle ont été pris par surprise par la violence des casseurs rassemblée sur la place Lafayette, devant la Maison-Blanche. Par mesure de précaution, Donald Trump et sa famille ont été mis à l’abri dans l’abri souterrain construit sous l’édifice. Les agents du Secret service, qui avaient revêtu des équipements antiémeutes pour l’occasion, ont défendu pendant tout le week-end les abords de la Maison-Blanche contre une foule violente, sous une pluie de projectiles, pierres, bouteilles et feux d’artifice. Plusieurs dizaines d’agents ont été blessés à des degrés divers dans ces affrontements. Dimanche soir, des feux brûlaient encore aux alentours de la Maison-Blanche.

Le maire du District de Columbia, Muriel Bowser, a appelé au calme. « Nous reconnaissons et compatissons avec l’indignation ressentie par les gens après le meurtre de Minneapolis la semaine dernière », a-t-elle dit. « Le meurtre de George Floyd n’était pas le premier. Les gens expriment leur indignation et demandent des mesures ». Mais «nous sommes également fiers de notre ville et ne voulons pas qu’elle soit détruite ».

Face à face entre un manifestant et un policier antiémeute qui met un genou à terre, symbole de la protestation contre les violences policières à l’encontre des Noirs. ROBERTO SCHMIDT / AFP

Mais la compréhension exprimée par de nombreux élus américains sonne de plus en plus en décalage avec des émeutes de plus en plus violentes. Muriel Bowser a dû décréter un couvre-feu dans la capitale fédérale qui commençait à peine à rouvrir après des semaines de quarantaine.

En avril 1968, des émeutes avaient éclaté à Washington après l’assassinat de Martin Luther King. Certains quartiers de la ville avaient mis des décennies à se remettre des destructions causées alors.

Je me tiens devant vous du côté de tous les Américains en quête de justice et de paix. Mais je me tiens aussi devant vous en ferme opposition à quiconque exploite cette tragédie pour piller, voler, attaquer et menacer.

Donald Trump

La vague de protestation a gagné la plupart des grandes villes américaines. Des pillages et des actes de vandalisme se sont déroulés un peu partout, notamment à Boston, Philadelphie, mais aussi à Chicago et à Seattle.

À New York, des manifestants ont investi Union Square, à Manhattan, et se sont heurtés avec la police sur Broadway. La fille du maire de New York, Chiara de Blasio, a été arrêtée par les policiers alors qu’elle participait à l’émeute. Au moins cinq personnes ont été tuées dans tous les États-Unis, et la police a procédé à au moins 4000 arrestations.

Samedi, depuis cap Canaveral en Floride, où il avait assisté au lancement de la nouvelle fusée spatiale Space X Falcon 9, Trump a commenté la situation en présentant ses condoléances mais en affichant sa fermeté vis-à-vis des casseurs et des pillards.

« J’ai appelé la famille de George Floyd et leur ai présenté mes condoléances pour leur perte. Je me tiens devant vous du côté de tous les Américains en quête de justice et de paix. Mais je me tiens aussi devant vous en ferme opposition à quiconque exploite cette tragédie pour piller, voler, attaquer et menacer. L’apaisement, pas la haine ; la justice, pas le chaos, telle est notre mission à accomplir », a dit Trump.

« Les policiers impliqués dans cette affaire ont été licenciés. Un officier a déjà été arrêté et accusé de meurtre. Les autorités de l’état et fédérales mènent une enquête pour savoir quelles accusations supplémentaires pourraient être justifiées, notamment contre, les trois autres . Je comprends la douleur que ressentent les gens. Nous soutenons le droit des manifestants pacifiques et nous entendons leurs appels. Mais ce que nous voyons maintenant dans les rues de nos villes n’a rien à voir avec la justice ou la paix. La mémoire de George Floyd est déshonorée par les émeutiers, les pillards et les anarchistes. La violence et le vandalisme sont le fait des Antifa et d’autres groupes radicaux de gauche qui terrorisent les innocents, détruisent des emplois, nuisent aux entreprises et incendient des bâtiments ».

« Les principales victimes de cette horrible et horrible situation sont les citoyens qui vivent dans ces communautés. Ces foules dévastent le travail d’une vie d’honnêtes citoyens et détruisent leurs rêves. En ce moment, l’Amérique a besoin de création, pas de destruction; la coopération, pas le mépris; la sécurité, pas l’anarchie. Et il n’y aura pas d’anarchie. La civilisation doit être défendue et protégée. La voix des citoyens respectueux des lois doit être entendue, et entendue très fort », a continué Trump.

« Nous ne pouvons et ne devons pas permettre à un petit groupe de criminels et de vandales de détruire nos villes et de dévaster nos communautés. Nous devons défendre le droit de chaque citoyen à vivre sans violence, sans préjugés et sans peur ».

Mais dimanche, renouant avec ses habitudes, Trump a appelé sur Twitter les « maires et les gouverneurs démocrates » à « se montrer fermes » contre les casseurs. « Ces gens sont des ANARCHISTES. Appelez notre garde nationale MAINTENANT. Le monde vous regarde et se moque de Joe l’endormi (le surnom dont il affuble Joe Biden. Est-ce ce que l’Amérique veut ? NON ! »

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